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Egalité professionnelle : des femmes prisonnières des plafonds de verre et stéréotypes

lille-table-ronde2 ©  S. Cattiaux

Pour bien commencer les débats sur l’égalité professionnelle entre les hommes et les femmes, le 21 janvier 2014, à Lille, les intervenantes ont passé en revue les obstacles rencontrés par les femmes… Ce sont les fameux « 3P », qui échappent à toute explication rationnelle !

Avec la loi Sauvadet du 13 mars 2012, un grand pas a été franchi dans la longue marche vers l’égalité hommes-femmes dans la fonction publique.  Depuis deux ans, chaque ministère est tenu de produire une feuille de route « égalité professionnelle ». Aujourd’hui,  un projet de loi pour l’égalité entre les hommes et les femmes est discuté au Parlement… Sur le papier, on progresse donc. Mais concrètement, il reste beaucoup à faire.

Toutes nos rencontres d’actualité RH de 2012 étaient consacrées à la mise en oeuvre de la loi Sauvadet dans les collectivités territoriales. La rencontre que nous avons organisée à Lille (Nord), le 21 janvier 2014, en partenariat avec la mutuelle Intériale, à Lille métropole (Nord) visait à faire un point sur le sujet, dans l’ensemble de la fonction publique.

Pour bien commencer cette journée, un état des lieux. Avec, à la tribune : Bénédicte Boyer, auteure d’un livre sur les femmes et la haute fonction publique, Anne-Claire Mialot et Marie-Caroline Bonnet-Galzy, toutes deux directrices générales de services dans la territoriale.

lille-table-ronde© S. Cattiaux

Parmi les intervenantes de la rencontre  (de gauche à droite) : Elodie Chabaud, directrice à la CA de Valenciennes, Anne-Claire Mialot, DGS de Cergy-Pontoise, Marie-Caroline Bonnet-Galzy, DGS de Lille métropole. A droite, Christine Cathiard, rédactrice en chef d’Emploipublic.fr, mène le débat.

Chiffres clés
  • La part des femmes cadres atteint 25% dans la FPE, 34% dans la FPT et 45% dans la FPH.
  • L’écart de rémunération est de 28% dans la FPH (25 % dans le privé), de 16% dans la FPE et de 12% dans la territoriale.
  • Les congés parentaux sont pris, dans les trois fonctions publiques, à… 95% par les femmes.

Plafonds, parois, planchers à tous les étages - Une étude du parcours des administrateurs issus de l’INET, sur les promotions depuis dix ans (549 personnes interrogées), révèle que seuls 25 % des directeurs généraux des services (DGS) sont des femmes. Alors qu’il existe un vivier de femmes qualifiées, celles-ci sont donc peu nombreuses à accéder aux fonctions les plus élevées. Quels obstacles rencontrent-elles ? La maternité ? Pas seulement…

Plus on s’élève dans la hiérarchie, plus les femmes se font rares, comme si la plupart se cognaient, à chaque étage, à un « plafond de verre », expression apparue en 1986 dans le « Wall Street journal ». En se fondant sur le rapport de l’association des administrateurs de 2011, Bénédicte Boyer, auteure du livre « les Femmes et la Haute fonction publique » (*) confirme : « On constate une érosion progressive de la part des femmes,  qui se heurtent à une succession de plafonds de verre. On passe ainsi de 58% de femmes directrices à 5,6% de directrices générales des services de très grosses collectivités. »

Mais la réalité est plus complexe, outre les plafonds de verre, il y a des « parois », « planchers »… Ce sont les fameux «3P», identifiés lors de la grande Conférence sociale de 2012 :

  1. « P » pour la paroi de verre, relative à la mixité des métiers.
  2. « P » pour le plafond de verre, lorsque l’on parle de promotion.
  3. « P »  pour le plancher « scotchant », qui fait référence aux conséquences du temps partiel notamment.

Ajoutons un quatrième « P », le « plancher troué » qui renvoie à la précarité sociale. S’appuyant sur un rapport remis à la ministre des Droits des femmes en décembre 2013, sur l’accès à l’emploi des femmes, Bénédicte Boyer explique : « Professionnellement, seuls 16% de la population française affichent des trajectoires ascendantes continues. Parmi les Français suivant une trajectoire pénible et précaire, 64% sont des femmes. Et parmi ceux qui connaissent une trajectoire descendante, 68% sont des femmes. »

benedicte-boyer-serre68% des Français ayant une trajectoire professionnelle descendante sont des femmes.

Bénédicte Boyer, journaliste et contractuelle dans un ministère, auteur des « Femmes et la Haute fonction publique »

 

Mixité des métiers : le poids des stéréotypes

« Il n’y a pas d’explication rationnelle aux difficultés que rencontrent les femmes pour accéder aux postes d’encadrement. On ne peut qu’invoquer le poids des stéréotypes », assure Bénédicte Boyer.

Même analyse d’Anne-Claire Mialot, DGS de la communauté d’agglomération de Cergy-Pontoise et membre du conseil d’administration du Laboratoire de l’égalité : les femmes sortant de l’INET s’orientent vers des postes de chargés de mission, plutôt que de direction. Ce n’est pas un hasard, mais celui d’une éducation truffée de stéréotypes.

La lutte contre les stéréotypes doit balayer large : éducation, médias, vie privée, partage des tâches, loisirs, etc. Le Laboratoire de l’égalité y travaille, dans son Laboratoire des stéréotypes et à travers des campagnes de sensibilisation.

Dans la sphère professionnelle, cette lutte passe, notamment, par une vraie mixité des métiers. Des métiers qui sont encore sexués dans les filières B et C de la territoriale, et même dans les directions (selon les thématiques).

« Tant que des métiers techniques seront occupés uniquement par des hommes, et les crèches tenues par des femmes, les enfants auront en tête que c’est la femme qui s’occupe des enfants… », affirme Anne-Claire Mialot.

anne-claire-mialot-serreLa féminisation de certains métiers a progressé. Mais pas la masculinisation d’emplois » traditionnellement féminins.

Anne-Claire Mialot, DGS de la communauté d’agglomération de Cergy-Pontoise

 

Il faudra du temps pour bouger les lignes. Alors que les effectifs de Lille Métropole se féminisent depuis plusieurs années, « les tendances lourdes persistent, avec 76% des femmes dans les filières administratives, et toujours beaucoup plus d’hommes dans les filières techniques », note Marie-Caroline Bonnet-Galzy, DGS de la communauté urbaine de Lille Métropole.

Pour féminiser certains métiers, il ne faut pas se contenter d’accompagner les changements, mais les provoquer. Exemple : construire des vestiaires mixtes pour les métiers techniques. La féminisation des noms des fonctions n’est pas à négliger. « Ces petites choses ont l’air de détails, mais elles participent à la féminisation des métiers en profondeur. Il faut travailler sur les micro-incitations », exhorte Bénédicte Boyer.

Références

S.Cattiaux • 20/02/2014

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