Sylvie, directrice générale des services, donne du sens à l’administration au quotidien
Sylvie Jiroudi, 52 ans, est directrice générale des services (DGS) à Gentilly, commune d’un peu moins de 20 000 habitants située dans le Val-de-Marne. Elle y déploie son énergie depuis 5 ans.
Quelles sont les missions d’un DGS ?
La première mission d’un directeur général des services (DGS) est de piloter les orientations stratégiques de la collectivité et son organisation. Il s’agit aussi d’impulser, de coordonner et de donner du sens à l’action de l’administration au quotidien. J’ai également un rôle d’aide à la décision et de conseil auprès des élus, sans me substituer à eux. Je travaille aussi sur la gestion et l’optimisation des ressources humaines, financières et organisationnelles.
Je veille au respect du cadre réglementaire dans l’ensemble des politiques publiques. Il y a aussi un travail permanent de lien entre les élus, les directions et les agents pour assurer la cohérence de l’action publique. Je suis très impliquée dans le suivi des projets, de leur conception jusqu’à leur évaluation. Enfin, il y a une dimension de représentation et de dynamique collective au sein de la collectivité.
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Quel parcours vous a mené à ce métier ?
J’ai suivi un parcours universitaire assez généraliste à l’Universite? Paris 8. J’ai commencé par une licence de Langues étrangères appliquées (LEA), avec l’idée de travailler dans le commerce international. Puis je me suis orientée vers des études européennes, avec un DESS (diplôme d’études supérieures spécialisées) en développement local et un DEA (diplôme d’études approfondies, anciennement master) en sciences politiques consacré aux services publics.
Au départ, je me voyais plutôt dans les grandes entreprises de réseaux. Finalement, un peu par hasard mais bien en lien avec ma formation, je suis entrée dans la fonction publique territoriale comme responsable du développement économique, de l’emploi et de l’insertion. J’ai ensuite passé les concours de la territoriale, occupé des postes de directrice de l’aménagement et de la politique de la ville, puis de DGA (déléguée générale adjointe) chargée des politiques publiques. Après plus de vingt ans d’expérience dans différentes fonctions, j’ai eu l’opportunité de devenir DGS à Gentilly en 2021.
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Qu’est-ce que vous aimez dans votre métier de DGS ?
Ce qui me motive, c’est l’action publique et surtout les équipes. J’ai plaisir à retrouver les agents chaque matin. Je me dis que je vais les motiver, et qu’eux aussi vont me motiver. Plus largement, ce qui me fait avancer, c’est le sentiment d’être utile. J’ai besoin de sentir que mon travail, mon énergie et mon engagement servent concrètement la population et l’intérêt général. C’est ce qui donne du sens à ce que je fais.
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Les métiers des Directions vous intéressent ?
Quelles sont les compétences nécessaires pour être DGS ?
Pour moi, la qualité essentielle est de savoir concilier l’exigence et la bienveillance. L’exigence vis-à-vis du service public, de l’intérêt général et des résultats, mais aussi la bienveillance envers les équipes. Il faut également avoir une grande capacité d’écoute, du courage managérial pour prendre des décisions parfois difficiles et savoir recadrer quand c’est nécessaire. Être capable de donner du sens à l’action collective et de fédérer autour d’un projet commun est aussi une compétence attendue, tout comme être capable de prendre de la hauteur et d’avoir une vision stratégique.
Un DGS ne peut pas rester uniquement dans la gestion du quotidien : il doit anticiper, prioriser et accompagner les évolutions de la collectivité. La curiosité est également importante, car les sujets sont extrêmement variés, qu’il s’agisse des finances, des ressources humaines, de l’urbanisme, de la culture ou encore de la transition écologique. Enfin, il faut savoir travailler avec des interlocuteurs très différents : les élus, les agents, les partenaires institutionnels et les habitants. Cette capacité à dialoguer, à expliquer et parfois à convaincre est indispensable pour faire avancer les projets et construire des politiques publiques cohérentes et partagées.
Ce qui me fait avancer, c’est le sentiment d’être utile
Qu’est-ce qui est particulièrement difficile dans ce métier ?
Certains arbitrages sont difficiles. On est régulièrement confronté à des situations qui touchent à l’humain et qui exigent du courage. Il faut savoir prendre du recul et assumer certaines décisions dans l’intérêt général. C’est aussi un poste où l’on peut parfois se sentir isolé face aux responsabilités. Une autre difficulté, plus quotidienne, est que les projets prennent souvent du temps : les arbitrages peuvent être longs et cela peut freiner l’avancement des dossiers.
Pourquoi avoir choisi de rejoindre la fonction publique ?
Au départ, je n’avais pas spécialement prévu d’y faire carrière. Mais quand j’ai découvert les collectivités territoriales, j’ai été séduite par la diversité des actions menées et par leur impact direct sur la vie des habitants. À l’échelle communale, on voit très vite les effets des politiques publiques et on est en contact permanent avec les citoyens. C’est cette proximité qui m’a convaincue. J’ai aussi réalisé que je n’avais pas envie de travailler pour un centre de profit. Ce qui m’anime, c’est de mettre mon énergie au service de l’intérêt général et de me sentir utile à la population.
En quoi l’intelligence artificielle change-t-elle votre travail ?
Aujourd’hui, les collectivités doivent se poser les bonnes questions : quelle IA utiliser, pour quels usages et avec quelles garanties sur les données. Je pense aussi qu’il faut se former pour ne pas subir ces évolutions, mais plutôt les maîtriser. Nous allons prochainement engager une réflexion collective sur le sujet avec les directeurs et responsables de service. L’objectif est de définir un cadre d’utilisation partagé, fondé sur l’éthique, la protection des données et des règles claires pour l’ensemble de la collectivité
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Un conseil à donner à une personne qui veut devenir DGS ?
Je dirais de ne jamais hésiter à se former et à se faire accompagner. Même avec un solide bagage universitaire, les concours, les fonctions d’encadrement et les responsabilités se préparent. Les échanges de pratiques, les réseaux professionnels ou même le coaching peuvent être très précieux. Et puis il faut aussi apprendre à prendre du temps pour soi. C’est un métier exigeant, avec une forte charge mentale. Il est indispensable de trouver une activité qui permette de prendre du recul et de recharger les batteries.
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Où vous voyez vous dans quelques années ?
Être DGS est un métier très exigeant, ma conviction est qu’on peut l’exercer longtemps, à condition de savoir déléguer, de transmettre et de faire confiance à ses équipes. À plus long terme, je pourrais aussi imaginer une expérience dans une grande agglomération ou une métropole, sur un poste de DGA davantage tourné vers la stratégie. Pour l’instant, je reste pleinement investie dans mes fonctions actuelles.
Directeur général des services
- Fonction publique : territoriale
- Catégorie : A
- Filière : administrative, technique, culturelle
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