Fonction publique : les fonctionnaires utilisent déjà l’IA
La majorité des fonctionnaires utilisent déjà l’IA au travail. Une étude menée par le ministère de l’action et des comptes publics permet de mieux connaître leur perception de l’outil et leurs attentes. Le ministre souhaite l’ouverture d’une négociation sociale avec les syndicats sur l’usage de l’intelligence artificielle qui pourrait aboutir à l’automne 2026.

© erwinbosman - Pixabay
Encadrer l’usage de l’IA des agents publics. C’est le souhait exprimé par David Amiel, ministre de l’Action et des Comptes Publics ce printemps, qui a commandé une enquête à son ministère sur la perception des agents publics sur l’arrivée de l’IA au travail. Près de 2 000 agents, qui utilisent déjà des outils d’intelligence artificielle dans leur travail, ont répondu au questionnaire. « Il y a urgence à agir, car plus de la moitié des interrogés utilisent une IA hors cadre comme ChatGPT », a souligné David Amiel dans une interview accordée à la Tribune Dimanche début avril.
Qui utilise l’IA dans la fonction publique ?
89 % des agents interrogés utilisent déjà l’IA dans leur travail, dont une très grande majorité des agents appartient aux catégories A (56 %) et A+ (28 %). L’arrivée de l’IA dans la fonction publique est encore récente pour la plupart d’entre eux, 34 % utilisent des outils depuis un ou deux ans pour leurs missions professionnelles et 52 % l’utilisent depuis moins d’un an.
Quels outils IA dans la fonction publique ?
Depuis juin 2026, plusieurs outils approuvés par le gouvernement sont déployés et/ou généralisés :
- L’Assistant : outil conversationnel. Il a d’abord été testé auprès de 10 000 agents de la fonction publique d’Etat (FPE) pendant 10 mois. Après une expérimentation réussie (gain de 16 % de temps sur les tâches de synthèse documentaire), il a été déployé dans toute la FPE
- Transcripts : outil de prise note et de retranscription audio, utilisable par les trois fonctions publiques
- DiploIA : solution de traduction contenant 64 langues, ouverte à tous les agents
- Visio : outil de visioconférence de l’Etat qui intègre la génération automatique de comptes rendus de réunions (avec la technologie française pyannoteIA)
Risques des usages personnels de l’IA
L’étude souligne que 83 % des agents perçoivent l’arrivée de l’IA dans leur quotidien professionnel comme un élément positif voire très positif. Les usages personnels de l’IA déteignent dans l’environnement de travail puisqu’ils déclarent à 85 % utiliser des outils d’IA fournis par leur employeur.
Mais 55 % des agents avouent utiliser l’intelligence artificielle, notamment des agents conversationnels, de manière informelle, ce que le ministère qualifie de « shadow IA » (ou « IA clandestine »). Plus précisément, le Shadow IA est l’utilisation non autorisée de tout outil ou application d’IA sans approbation du service informatique. Cette tendance peut involontairement exposer l’organisme à des problèmes de sécurité des données, de conformité mais aussi de réputation.
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Former et associer les agents publics
L’enquête démontre aussi un environnement favorable au déploiement de l’IA dans le milieu professionnel. 80 % des sondés se déclarent d’accord ou tout à fait d’accord pour déployer plus largement ces outils, mais il reste un important travail à réaliser autour de la formation. A 69 %, les personnes interrogées déclarent ne pas avoir été formées par leur employeur et la moitié d’entre s’est formée par ses propres moyens.
Lorsque les agents sont associés à la préparation du déploiement de l’IA dans leur service, ce qui a été le cas pour 38 % des répondants, ils jugent majoritairement que l’expérience a été positive. Et cela a aussi une conséquence sur la perception des bénéfices qu’ils peuvent en retirer : « 66% des agents associés déclarent percevoir une réduction des tâches rébarbatives contre 55% des agents non associés au déploiement », souligne l’étude.
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Des freins à lever
Même si plus de la majorité des agents voit en l’IA un outil d’aide à l’exécution de tâches rébarbatives, 39 % des sondés ne voient pas d’effet sur ce type de tâches. La durée et la régularité d’utilisation des outils jouent aussi un rôle sur la perception positive qu’en ont leurs utilisateurs.
L’enquête donne au ministère des premières pistes de réflexion pour poursuivre le déploiement des outils dans la fonction publique et les encadrer. Et indique aussi les freins à lever, parmi lesquels figurent la performance et la qualité des outils mis à disposition des agents, le manque de formation et la réticence à utiliser l’IA.
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