Community managers, web designers, développeurs... : des métiers d'avenir dans les collectivités

Laure Martin • mis à jour le
DOSSIER : Les métiers de la communication

La révolution numérique gagne la fonction publique. Avec des conséquences sur l'emploi. Les collectivités territoriales préfèrent encore former leur agents en interne aux métiers du web. Mais le besoin de professionnels du web va aller croissant dans les secteurs de la com' et de la cybersécurité notamment.

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Dans le secteur privé, pour recruter, les entreprises du numérique souffrent d'une inadéquation entre l'offre et la demande de travail. Le secteur public n’est pas en reste : "Il manque des filières, explique Franck Confino, fondateur et ancien directeur de l'agence Adverbia, expert en réseaux sociaux et en communication des collectivités locales. Les directions des ressources humaines (DRH) sont perdues, car avec ces métiers, on sort des filières classiques de la fonction publique. Il y a beaucoup d’autodidactes et, souvent, les fiches de poste ne sont pas adaptées."

Chiffres-clés

  • Selon les chiffres-clés 2014 du Syntec Numérique, les informaticiens représentent 3,3 % des salariés du secteur privé en France. On dénombre 17 000 professionnels du numérique dans les 3 fonctions publiques, et près de 20 000 informaticiens indépendants.

Des pros du numérique souvent formés en interne

Cependant, les professionnels du numérique sont encore assez peu courtisés par les collectivités territoriales. "Je connais beaucoup de personnes prêtes à faire le métier de community manager, mais les collectivités recrutent peu", souligne Franck Confino. Des collectivités territoriales qui devraient pourtant profiter de l'engouement des jeunes pour le web, car beaucoup d'entre elles manquent d’attractivité.

"Les postes sont moins bien rémunérés que dans le privé. En plus, il y a une épée de Damoclès au-dessus de la tête des agents avec le contrôle des élus", estime-t-il. En effet, dans le privé, les règles (commerciales le plus souvent) sont plus claires que dans les collectivités territoriales où la communication (politique, le plus souvent) répond à une stratégie peu formalisée, avec des règles non écrites. Les agents de la com' sur le web naviguent le plus souvent à vue et peuvent faire des impairs sans même le savoir...

D’ailleurs, de nombreuses collectivités territoriales préfèrent former en interne leurs agents à ces nouvelles technologies. "La formation est courte, et ces agents ont déjà la confiance de leurs pairs, ce qui est essentiel pour engager cette révolution numérique", soutient le fondateur de l’agence Adverbia.

Révolution numérique : un choc culturel inéluctable dans le secteur public

Car les collectivités vont bien devoir l’enclencher, cette révolution numérique. Sinon, elles risquent de se retrouver en décalage avec les usagers mais aussi avec leurs agents, dont certains viennent du privé.

Pour le moment, ce qui pèche, « c’est la culture hyperpyramidale et cloisonnée de la collectivité, explique Franck Confino. C’est davantage une question de choc culturel et de vieilles habitudes enkystées qu’une question de moyens. »

Pour entreprendre cette révolution, Franck Confino leur conseille de recruter un chief digital officer (CDO). Il accompagnera la transformation numérique, mais pas uniquement sur les réseaux sociaux. Il doit aussi assurer la dématérialisation, l’accompagnement de la culture digitale et de la culture du changement auprès des managers.

"Pour que cela fonctionne, il faut une aventure partagée, une déconcentration de la production et la participation de toute la collectivité, explique-t-il. Et c’est au chief digital officer de s’en charger."

Social media manager + community manager : le binôme idéal

Il recommande également l’embauche d’un binôme idéal : le social media manager et le community manager. Le premier, chef d’orchestre, définit la stratégie numérique de la collectivité, pendant que le second l’exécute et anime les réseaux. "Mais les élus éprouvent encore des difficultés à comprendre le métier", souligne-t-il.

Autre emploi fondamental, celui de webmaster technique, mais généralement, cette fonction est externalisée, contrairement au métier de webmaster éditorial, qui correspond à du journalisme web territorial. "Ce métier recrute le plus, car il faut bien que quelqu’un alimente les contenus", ajoute Franck Confino.

Des métiers qui recrutent

Numérique : 36 000 créations nettes d'emploi

Le traitement des données à grande échelle — big data— et le marketing en ligne devraient également entraîner des créations de postes: analyste de données, gestionnaire de communautés numériques, web ergonome, architecte système d’information/cloud, chef de projet web ou encore spécialiste en cybersécurité.

Dans ces métiers, les agents sont relativement jeunes et moins concernés par les départs à la retraite. Mais des créations d'emplois seront nécessaires pour accompagner le développement des nouvelles technologies. Cela devrait profiter aux ingénieurs de l’informatique, au personnel d’étude et de recherche et aux cadres techniques de l’industrie.

A court terme, les métiers de développeurs ou de web designers seront très demandés sur le marché du travail. Les professionnels du secteur ont identifié plus de 36 000 créations nettes d'emploi dans la filière numérique à l'horizon 2018.

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