Fonction publique : les secteurs qui recruteront le plus d'ici à 2020

Laure Martin • mis à jour le
DOSSIER : Les secteurs qui recrutent dans la fonction publique de l'Etat

Oeuvrer pour l'intérêt général, c'est choisir le secteur public. Mais autant faire un choix stratégique ! D’ici à 2020, de nombreux secteurs manqueront de personnel, départs à la retraite des "baby boomers" oblige. Par ailleurs, de nombreux emplois vont être créés dans la fonction publique pour renforcer la sécurité du pays.

Recrutement - Candidats

Le Centre d’information et d’éducation jeunesse (CIDJ) identifie la décennie 2010-2020 comme celle du "papy-boom", avec 8 millions de départs à la retraite, soit 31% de la population active. Conséquence : il évalue à 800 000 le nombre de postes à pourvoir chaque année, dont 620.000 liés aux fins de carrière sur cette période. Le niveau des créations d’emplois — environ 150 000 par an, en moyenne — serait proche du niveau atteint sur la période 2005-2010.

Sur les 1,5 million d’emplois supplémentaires attendus d’ici à 2020,

  • plus de 550.000 seraient des emplois de cadres,
  • 440.000 des professions intermédiaires
  • et 260.000 des métiers d’employés peu qualifiés.

Dans la fonction publique, les principaux secteurs qui recrutent se situent aux extrêmes : ceux qui proposent des emplois très qualifiés ou très peu qualifiés.

A la suite des attentats djihadistes à Paris, le 13 novembre 2015, l'Etat recrute massivement pour pouvoir faire face au terrorisme : lire notre article Police, justice, douanes, armée : des recrutements massifs. En moins d'un an, depuis les attentats de janvier à Charlie-Hebdo, le nombre de jeunes qui se présentent dans les centres de recrutement des armées a été multiplié par 7. 

Focus

Les métiers qui recrutent des candidats peu ou pas diplômés

Selon Valérie Chatel, présidente de l’Association nationale des DRH des grandes collectivités, ce sont les métiers d’exécution et ceux qui ne peuvent pas être automatisés qui recrutent majoritairement des personnes peu ou pas diplômées.

  • Selon le CIDJ, 375 000 postes d'agents d'entretien vont être à pourvoir d’ici à 2020. Il y aurait 57 023 embauches prévues pour les agents d’entretiens des locaux, tous secteurs confondus, notamment parce que, dans les métiers d’employés de maison et d’agents d’entretien, la moyenne d’âge est élevée (la moitié des employés de maison a plus de 48 ans) et vont donc compter une part importante de postes proposés. Les agents d’entretien des collèges sont également concernés par d’importants départs à la retraite, tout comme les métiers du secrétariat.
  • Idem pour les métiers de la propreté urbaine. Les candidats auraient une vision faussée du secteur de l’environnement et ne connaîtraient pas les métiers les plus porteurs : égoutiers, agents de tri, agents de collecte, spécialistes de la réparation.
  • Ce sont les métiers de l’entretien des espaces verts, de l’eau et des déchets qui proposent le plus de postes pour les candidats peu qualifiés. Le CIDJ note que 50 % des recruteurs proposent une formation avant la prise de poste. Les agents d’exploitation qui entretiennent sur les routes sont également très recherchés. "Nous avons 7 ou 8 départs à la retraite tous les ans", signale Isabelle Debest, DRH du conseil général du Gers.

Dans l'informatique et le numérique, le traitement des données à grande échelle - "big data" - et le marketing en ligne devraient créer des postes: analyste de données, gestionnaire de communautés numériques, "web ergonome" ou encore architecte des systèmes d’informations/cloud, chef de projet web, et spécialiste en cybersécurité. S'ils restent relativement jeunes et moins concernés par les départs à la retraite, certains métiers devraient connaître des créations d'emplois pour accompagner le développement des nouvelles technologies dans les collectivités. Cela profiterait notamment aux ingénieurs de l’informatique, au personnel d’étude et de recherche et aux cadres techniques de l’industrie. Ces trois familles professionnelles pourraient offrir 200 000 emplois supplémentaires d'ici à 2020, selon l'estimation de la Dares.

Les métiers du numérique (développeurs, web designers) auront d'importants besoins de personnel à court terme. Les professionnels du secteur ont identifié plus de 36 000 créations nettes d'emploi dans la filière numérique à l'horizon 2018.

En revanche, les avancées technologiques devraient réduire les effectifs des autres métiers administratifs, comme les secrétaires.

Une société toujours plus numérique : community manager, chief digital officer, journaliste, éditeur web

Un créneau est également à saisir du côté de la communication numérique. Même si les collectivités sont loin de toutes avoir amorcées leur révolution numérique, le métier de community manager va être amené à recruter. Dans l’idéal, cette fonction devrait être associée à celle de Social media manager. Ce dernier définit la stratégie de la collectivité alors que le community manager l’exécute.

Les collectivités devraient également être amenées à embaucher des chiefs digital officers, chargés d’accompagner la transformation numérique d’une collectivité mais pas uniquement sur les réseaux sociaux. Leur travail concerne également la dématérialisation, la culture digitale et l’accompagnement de la culture du changement des managers.

La fonction de webmaster éditorial devrait exploser. Chargé du contenu éditorial, ce journaliste territorial doit également avoir une capacité à maîtriser la photo et la vidéo afin d’enrichir le contenu écrit.

Cependant, il manque des filières pour ces nouveaux métiers et il arrive que les fiches de postes ne soient pas adaptées. L’autre option des collectivités est de former des agents en interne.

>> Découvrez nos fiches métiers Communication et Informatique

Avis d'expertes

• Valérie Chatel, présidente de l’ANDRH

"Dans le secteur du numérique, des métiers vont apparaître, mais on n’en connaît pas encore la définition. Les collectivités sont en retard par rapport à certaines entreprises privées sur le sujet. On constate par exemple que les entreprises ont déjà recours aux recrutements en ligne, aux chasseurs de tête sur le web, alors que les collectivités ne le font pas. Peu de collectivités sont dématérialisées, de même qu’il y a très peu de réseaux sociaux en interne. Elles commencent à se poser des questions sur la sécurité,  et des débats ont lieu sur la gestion et la localisation des données et le big data. En revanche, pour les métiers des réseaux numériques de demain et tout ce qui a trait à l’animation et au travail en ligne, il n’y a actuellement pas de besoin de personnel, puisque peu de collectivités ont entamé leur révolution numérique. Mais les collectivités développent leur portail, des communicants sont donc embauchés pour porter l’image des collectivités. »

• Isabelle Debest, DRH du centre de gestion du Gers

« Au niveau de la collectivité, nous n’avons pas identifié de besoin dans ce secteur. On a créé un syndicat mixte d’aménagement du numérique qui est autonome. On est dans les études de marché. Il n’y a pas de métier spécifique. En revanche, la direction informatique commence à travailler sur un cloud interne. Mais c’est le personnel en place que l’on va former et spécialiser. "

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