Devenir sage-femme : statut nouveau et compétences élargies

Laure Martin • mis à jour le
DOSSIER : Les métiers de la petite enfance

Plus de la moitié des sages-femmes exercent dans un hôpital public, d'autres dans un service de protection maternelle et infantile (PMI). D'autres encore ont une activité libérale ou travaillent aussi dans le secteur privé. Quel que soit leur statut, rares sont celles qui connaissent le chômage.

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 La France compte un peu plus de 21.000 sages-femmes en activité. Parmi elles,  availlent exclusivement en milieu hospitalier, 3 424 ont une activité libérale et 980 environ exercent dans un service territorial de protection maternelle et infantile (PMI). Les autres sont polyactives, c'est-à-dire salariées du secteur privé ou participant au service public hospitalier.

Sage-femme dans la fonction publique hospitalière

Selon le Conseil national de l’ordre des sages-femmes, 54 % des professionnelles exercent dans un hôpital public. Les sages-femmes, agents de la fonction publique hospitalière, revendiquent depuis longtemps le même statut que les médecins hospitaliers, qui permet notamment d’avoir une activité libérale à temps partiel à l’extérieur. Mais elles n'ont pas obtenu gain de cause.

Les sages-femmes obtiennent un nouveau statut en 2014 - En revanche, en décembre 2014 a été créé un nouveau statut de sages-femme hospitalière. Celui-ci implique que, désormais, dans chaque établissement hospitalier, les sages-femmes ne dépendent plus de la direction du personnel médical et que les cadres paramédicaux n’ont plus d'autorité sur elles.

Sous la responsabilité d’un chef de service, les sages-femmes hospitalières assurent de façon autonome la préparation à l’accouchement, le suivi des grossesses et des accouchements normaux, ainsi que les soins postnataux et ceux du nouveau-né, tant sur le plan médical que psychologique et social. En cas de grossesse à risque ou de pathologie, la sage-femme est la collaboratrice du médecin.

Cependant, les conditions d’exercice varient suivant les services et hôpitaux et en fonction de la pénurie de personnel. En 2003, un rapport au ministre de la Santé notait  "une augmentation des consultations d’urgence, qui incombent le plus souvent aux sages-femmes, qui voient ainsi augmenter leur charge de travail".

Dans l'hospitalière, des compétences de plus en plus larges - Par ailleurs, leurs compétences médicales se sont peu à peu élargies. Depuis 2006, elles peuvent suivre une grossesse normale du début à la fin, prescrire la contraception en suite de couches et effectuer les visites postnatales.

L'exercice de la profession peut comporter également la réalisation de consultations de contraception et de suivi gynécologique de prévention, sous réserve que la sage-femme adresse la femme à un médecin en cas de situation pathologique.

Les sages-femmes sont aussi autorisées à concourir aux activités d'assistance médicale à la procréation, dans des conditions fixées par décret.

>> Lire aussi : Vaccinations, IVG : des compétences encore plus larges depuis juin 2016

Focus retraite

Départ à la retraite des sages-femmes : anticipé ou non ? 

Lors de la création de ce nouveau statut, en 2014, s'est posée la question du classement des sages-femmes en catégorie active, qui autorise un départ anticipé à la retraite, ou sédentaire. Un instruction  DGOS du 18 février 2016 répond à cette question.

En résumé, les sages-femmes qui exercent des fonctions cliniques relèvent de la catégorie active (sages-femmes du premier grade). Pour celles du second grade, celles qui exercent exclusivement des fonctions d'encadrement ou de coordination sont classées de la catégorie sédentaire. Si les fonctions sont exclusivement cliniques, elles relèvent de la catégorie active. En cas de fonctions mixtes, le classement sera opéré au cas par cas, en fonction de la nature des activités exercées "de manière durable et continue".

>> Lire aussi : Retraites dans la fonction publique : le départ anticipé pour les catégories actives

Sage-femme dans la fonction publique territoriale

Les sages-femmes des services de protection maternelle et infantile (PMI), ou « sages-femmes territoriales », qui relèvent des conseils généraux, ne pratiquent pas d’accouchement. Elles ont essentiellement un rôle de prévention dans le suivi des grossesses. Elles effectuent des visites à domicile et des interventions dans les établissements scolaires, les associations ou les centres de planification.

Cadres A de la filière médicosociale, elles sont recrutées en majorité par détachement de la fonction publique hospitalière (cinq ans au minimum avant l’intégration), et par concours sur titre qui consiste en uentretien avec un jury.

>> Pour en savoir plus, lire notre fiche métier Sage-femmes (hospitalière et territoriale)

Et les hommes ?

Un métier accessible aux hommes depuis 1982

Les hommes peuvent devenir sages-femmes depuis 1982 seulement ! L'AFP, dans un article de 2013, on compterait environ 200 hommes exerçant cette profession et ils représenteraient de 8 à 10% des étudiants des écoles de sages-femmes.

"Homme sage-femme", "sage-homme", "sage-femme homme", "maïeuticien"... Comment appeler un homme exerçant cette profession ? La question a fait débat. Pour les uns, il faudrait dire "hommes sages-femmes". Mais pour d'autres, cette appellation serait péjorative. Ce qui peut se concevoir si l'on se souvient que pour bon nombre de professions, on a commencé par ajouter "femmes" (femmes professeur, par exemple) avant de féminiser le nom du métier...

L’ Académie française n'a pas vraiment tranché. Elle a introduit le mot "maïeuticien"... Et d'aucuns (des femmes surtout) de s'insurger contre cette terminologie "chic" qui aurait été créée spécifiquement pour les hommes (même si ce substantif peut être féminisé). L'extension des compétences des sages-femmes hospitalières et la revalorisation de ce métier devrait contribuer à réduire le fossé... Aujourd'hui,  nul ne s'offusque de voir un homme gynécologue ou obstétricien, n'est-ce pas ?. Il faudra donc peut-être attendre que les sages-femmes aient le statut de médecin pour voir davantage d'hommes embrasser cette carrière !

La formation des sages-femmes

Le diplôme d’Etat de sage-femme couronne une formation effectuée en 5 ans : 4 ans en école de sages-femmes, après avoir été classé en rang utile à l'issue des épreuves organisées au cours de la 1re année des études de santé (PAES).

Profession médicale, la sage-femme doit respecter un code de déontologie professionnel et être inscrite au Conseil national de l’ordre des sages-femmes.

A noter

Le taux de chômage reste faible dans cette profession. Certaines régions sont même confrontées à une pénurie de professionnelles, notamment l’Ile-de-France et le Nord-Pas-de-Calais.

Rémunération des sages-femmes : salaires brut et primes diverses

Les salaires bruts (traitement indiciaires brut) des sages-femmes sont plus élevés dans la fonction hospitalière que dans la fonction publique territoriale. Mais la comparaison des rémunérations est en fait assez difficile, car il faudrait ajouter les primes diverses qui s'ajoutent éventuellement à ces salaires, quasiment impossible à chiffrer précisément.

Dans la fonction publique, au 1er février 2017, le traitement indiciaire d’une sage-femme hospitalière commence à 2 020 euros environ, et pour une sage-femme territoriale à 1 635 euros en début de carrière. En fin de carrière, il s'élève à3 700 euros à l'hôpital et à 3 260 euros environ dans la territoriale.

A noter

Les sages-femmes sont mieux rémunérées dans le public que dans le privé, d’après le Conseil national de l’ordre.

Evolution professionnelle des sages-femmes

Les sages-femmes peuvent devenir directrices de crèche (après 3 ou 5 ans d’expérience dans une telle structure, suivant la taille), mais aussi enseignantes ou directrices d’une école professionnelle (diplôme de cadre sage-femme). Elles peuvent suivre la formation de puéricultrice, infirmière anesthésiste et infirmière de bloc opératoire et bénéficient de dispenses de scolarité pour les études de masseur kinésithérapeute, d’ergothérapeute et d’infirmier (dispense totale dans ce dernier cas, pour se présenter aux épreuves du diplôme).

La profession réclame que le cursus soit entièrement intégré à l’université, et non plus effectué dans des écoles professionnelles, afin de faciliter l’accès aux filières de recherche.

 

Les textes du 23 décembre 2014 relatifs au nouveau statut de sage-femme hospitalière

Décret n°92-855 du 28 août 1992 portant statut particulier du cadre d'emplois des sages-femmes territoriales

Dossier du mois

Les chiffres clés de la fonction publique en 2017

La fonction publique en chiffres - 2017

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