Charlotte, l’engagement d’un médecin militaire auprès des forces nationales
Médecin militaire diplômée depuis 2016, Charlotte Gislot, 37 ans, travaille à l'antenne médicale de Cesson-Sévigné appartenant au 15ème centre médical des armées de Rennes (Ille-et-Vilaine).

© DMF
En quoi consiste le quotidien du médecin militaire ?
En tant que médecin militaire diplômée de médecine générale, je soigne des militaires. Mon quotidien consiste à prendre en charge des soldats pour qu'ils soient en bonne condition physique et mentale pour toutes les missions qui leur sont demandées en métropole comme en opérations extérieures. Je peux également les recevoir par rapport à leurs problématiques de santé (maladies, accident, etc.), comme quand on va voir son médecin généraliste. Je fais aussi de la prévention, équivalent à de la médecine du travail. Je vais alors conseiller le commandement sur l'organisation du travail pour éviter l'épuisement, par exemple.
C'est un métier exigeant et en même temps passionnant
Partez-vous en mission à l'étranger ?
Oui, le médecin militaire va aussi soutenir nos soldats en mission extérieure. Pour ma part, je me suis déplacée deux fois à l'étranger jusqu'à présent. Ces déplacements sont liés à l'activité du régiment. Par ailleurs, une fois par an, je pars 10 à 15 jours sur le terrain pour me mettre à niveau, que ce soit en tir, pour travailler les techniques de combat ou sur le plan physique.
Comment vous est venue l'envie d'exercer cette profession ?
Ça a été un peu un hasard. Durant l'année de terminale, je ne savais pas exactement ce que je voulais faire. Je m'étais inscrite en prépa maths après le bac quand j'ai rencontré un médecin militaire qui a su me donner envie de faire ce travail passionnant.
Quelle formation avez-vous suivie pour devenir médecin militaire ?
Le concours de l'école de santé des armées de Lyon-Bron est accessible dès la terminale et se déroule en deux temps. En avril 2006, j'ai ainsi passé et réussi l'épreuve écrite, puis l'oral début juillet après le bac. Une fois le concours réussi, le médecin militaire suit un double cursus. J’étais inscrite à l'une des deux facultés de médecine de Lyon et je suivais une formation militaire initiale puis complémentaire. Le concours de première année de médecin réussi, j'ai poursuivi 5 ans d'études à la fac de Lyon. J'ai fait ensuite trois ans d'internat de médecine générale à l'hôpital d’instruction des armées de Marseille. J'ai ensuite passé à nouveau un concours interne à l’armée pour choisir ma première affectation dans une antenne de gendarmerie à Strasbourg (Bas-Rhin).
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Qu'est-ce qui fait la spécificité d'un médecin militaire ?
Le médecin militaire est formé pour intervenir en urgence et en situation de guerre aux procédures de médecine dites de l'avant, pour qu'on puisse tous travailler de la même manière. La médecine de l'avant inclut les premiers soins, le triage des blessés, les interventions vitales avant évacuation. Je suis également formée à la médecine sous contrainte NRBC (risque nucléaire, radiologique, biologique et chimique). Pour pouvoir rester pleinement opérationnelle et conserver l'ensemble de cette expertise, nous avons des exercices fréquents et récurrents, environ une fois par mois à l'antenne médicale.
Les métiers de la Marine vous intéressent ?
Le médecin militaire change régulièrement de lieu de travail...
Oui, j'ai eu la chance pour le moment d'aller aux endroits qui me convenaient. On fait des propositions et après les RH décident selon leurs besoins et nos compétences. Après mon premier poste à Strasbourg, je suis allée aux urgences de l'Hôpital national d'instruction des armées Bégin (Saint-Mandé, Val-de-Marne). Je trouvais que c'était un passage important pour parfaire ma connaissance de la médecine d'armée et de combat, notamment la gestion de l'imprévu et la charge importante de patients à devoir traiter en même temps. Je suis retournée ensuite en médecine d'unité à Vincennes avant d'arriver à Rennes.
Comment est organisé votre service actuel ?
L'organisation des antennes médicales varie en fonction de l'arme qu'on soutient. La structure est tout de même assez standardisée. On est souvent deux médecins militaires par antenne, parce qu'il faut toujours quelqu'un pour les militaires sur place et parce qu'e nous sommes assez sollicités pour des exercices, du soutien et des missions... Dans les régiments, on peut monter jusqu'à 4 médecins militaires. Je travaille par ailleurs avec 9 auxiliaires sanitaires, des soldats formés à la prise en charge urgente en autonomie et 4 infirmiers qui sont formés lors d’un cursus civil et militaire.
Quels sont vos horaires ?
On est disponible pour l'armée et pour le commandement 24 heures sur 24. On a une équipe d'astreinte en permanence. À l'antenne médicale, j'ai des horaires de bureau.
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Quelles sont les qualités et compétences du médecin militaire ?
Il faut être exigeant, adaptable, avoir une capacité d'ingéniosité. En opération extérieure, le médecin a son sac à dos et il doit s'adapter au terrain et aux conditions de la zone de combat. On a la vie de nos soldats entre nos mains. On a des procédures, des protocoles : en théorie, on sait ce qu'il faut faire et après, il y a la pratique, le nombre de blessés, ce qui nous reste dans notre sac, le temps d'élongation...
Qu'est-ce qui vous plaît le plus dans votre métier ?
C'est un métier exigeant et en même temps passionnant, avec un panel de travail très différent, un métier qui consiste à servir la France, protéger la force, aider nos soldats, les soutenir en OPEX.
Quelles sont les contraintes de ce métier ?
Étant jeune maman, je dirais que l'absence constitue la principale contrainte du métier que j'ai dû choisir et que j'assume.
Quelle évolution professionnelle possible ?
On demeure médecin militaire toute sa carrière, parce que c'est vraiment en nous. Cela dit, notre métier peut évoluer au fur et à mesure de nos expériences, de nos grades, pour être éventuellement davantage dans l'organisation et le commandement que sur le terrain au quotidien avec les soldats.
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Médecin militaire
- Fonction publique : État
- Filière : défense
- Catégorie : A
- Corps d'emploi : médecin des armées
- Salaire : à partir de 2 950€ (1er échelon)
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