Devenir agent du renseignement, spécialiste de la guerre électronique, comme Jérôme

Séverine Cattiaux
DOSSIER : Travailler dans l'armée : des militaires racontent leur métier

Jérôme est expert en "Dasem". En clair, Détection et analyse des signaux électromagnétiques. Un métier stratégique dans la guerre électronique, qui entraîne ce jeune sergent-chef de l'armée de terre sur le front des opérations militaires extérieures, en Afrique, en Asie... Rencontre.

Armée - Guerre électronique

Depuis 2008, le sergent-chef Jérôme V., 25 ans, est spécialiste en "détection et analyse des signaux électromagnétiques" (DASEM). Il travaille à Mutzig (Bas-Rhin) avec 900 militaires, au 44e régiment de transmissions. Ils sont une centaine de cette spécialité dans le régiment à participer à la guerre électronique. Leur devise, "Rien ne craint que le silence", ferait un bon titre de roman à suspens...

Le Dasem, un poste-clé dans la guerre électronique

"Mon travail consiste à intercepter et à analyser toutes les émissions électromagnétiques pour obtenir un renseignement", déclare le sergent-chef Jérôme V. Le spécialiste DASEM capte les émissions électromagnétiques de l'adversaire pour en déduire sa localisation, ses gestes, ses intentions... "Je travaille devant mon poste de guerre électronique au sein d’une équipe de 2 à 5 personnes, qui se relaient en permanence", indique Jérôme. "Ces informations alimentent la réflexion des chefs. Elles les guident dans la conduite des opérations sur le terrain, voire, ajoute le sergent-chef, nourrissent des choix politiques." Pas d’écoute de particuliers : les enjeux sont militaires: C’est à la demande de la Direction du renseignement militaire (DRM) que le spécialiste Dasem écoute différentes zones du monde."

Ce métier est avant tout technologique, car les informations ne sont pas compréhensibles de monsieur Tout le Monde. "Les informations brutes interceptées arrivent sous la forme numérique : une suite de 0 et de 1." Au Dasem de décrypter leurs contenus, de nature et d’importance différentes : conversations militaires, échanges de courriels entre grands chefs militaires, etc. "Il faut rester très concentré", déclare le sergent-chef V.

Une mise à jour permanente des connaissances en Dasem

Le sergent-chef V. alterne deux activités. Une partie de son temps est consacrée à ce qu'il sait très bien faire : écouter les ondes électromagnétiques. "Je travaille devant mon poste de guerre électronique". Nous sommes une équipe de 2 à 5 personnes. On se relaye en permanence." Le sergent-chef peut travailler de jour et de nuit. "Pendant que les uns sont sur leur poste, les autres en profitent pour se former." Généralement, la journée commence par des exercices physiques.

Le reste du temps, c'est "l'instruction". Une sorte de mise à jour non stop des compétences des militaires : révision des bases physiques et techniques, mise en œuvre de l’armement, formation au secourisme ou encore mise à niveau sur la topographie, notamment : "Nous devons nous mettre régulièrement à la page, les fonctionnalités des logiciels évoluent vite… et maîtriser les matériels nouveaux pour garder un bon niveau technique."

Appuyer les forces sur le théâtre des opérations

 
Le spécialiste DASEM est envoyé en mission à l’étranger, environ une fois tous les deux ans. Le sergent-chef V. a effectué deux missions en Asie et une en Afrique. Il s’agit de faire le même travail, mais au coeur des conflits, sur le théâtre des opérations. "La mission dure de quatre à six mois. Elle  consiste à appuyer les forces présentes sur place, explique Jérôme.  Il y a plus de dangers qu’en France. Mais on ne travaille pas au milieu de nulle part, le DASEM n’a pas vocation à être exposé : il n’est donc pas en première ligne". Néanmoins, il doit respecter toutes les consignes de sécurité et donc appliquer les savoir-faire communs des soldats.

 

Comment devenir Dasem : l'expérience de Jérôme

La formation initiale

Après son bac Sciences et techniques industrielles (STI), Jérôme V. s'est tourné vers l’armée. Sa formation est parfaite pour prétendre au métier de spécialiste en renseignement d’origine électromagnétique. Il intègre le tronc commun de la formation, l’Ecole nationale des sous-officiers d’active (ENSOA) à Saint-Maixent-l'École, "il s’agit de la formation militaire, techniques de combat, utilisation des armes, et tout ce qui est la vie en communauté… qui dure huit mois". Puis, il suit une formation technique, spécialité "Détection et analyse des signaux électromagnétiques" à l’Ecole des transmissions, (ETRS) de Cesson-Sévigné (Ille-et-Vilaine).

Ce qui me plaît, c'est l'aspect multitâche, la possibilité de prendre beaucoup d’initiatives, au besoin de mettre la main à la pâte : on peut être amené à faire des soudures !

Passer le brevet de technicien supérieur de l'armée de terre

En termes de responsabilités, le sergent-chef a commencé au premier échelon de la chaîne "à l’enregistrement, à l’écoute basique". Il est aujourd’hui dans la supervision des systèmes, la formation des nouvelles recrues et, grâce à son expérience et aux formations, dans l'analyse du "contenant".

La suite ? Jérôme V. est toujours sous contrat. S’il veut poursuivre sa carrière dans l’armée (au bout de 7 ans, son contrat risquerait de ne plus être renouvelé), il doit obtenir le brevet de technicien supérieur de l’armée de terre, préparé en 2 ans. Il a entamé l'étude de la partie générale théorique : maths, électricité, électronique... S'il réussit cet examen, il pourra se spécialiser dans son domaine et rejoindre des organismes plus spécialisés en région parisienne. En validant ce diplôme, il pourra peut-être accéder aux grades d’adjudant puis d’adjudant-chef.

Les questions bizarres de la rédac

  • Votre situation familiale ? Célibataire
  • Des loisirs ? Les sorties avec les amis, les concerts...  Et je fais du tennis et du VTT
  • Un livre, une exposition, un film ? Fan de Stephen King, je lis son dernier livre : "Docteur Sleep"
  • Votre salaire mensuel ?  1 400 euros en métropole
  • Le moment que vous préférez... ?  Les séances de sport en début de matinée dans les vignobles alsaciens, pour maintenir à niveau mes capacités physiques et bien démarrer la  journée !
  • Si vous exerciez un autre métier dans la fonction publique, ce serait... ? Dans la brigade anticriminalité
  • Les réseaux sociaux, vous en êtes ?  Oui, sur certains, mais avec toutes les réserves liées à mon métier
  • Un doudou numérique ? Dans la vie civile, j’écoute de la musique sur mon smartphone

 

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