Le renseignement militaire recrute !

Laure Martin • mis à jour le
DOSSIER : Militaires et civils : les métiers de l'armée

La Direction du renseignement militaire (DRM) recherche ses spécialistes du big data et du traitement des données. Faute d'officiers et sous-officiers formés en nombre suffisant, elle recrute des agents civils data scientists et des data analysts. 

Renseignement militaire

Entendu en mars par les députés de la commission de la Défense sur le projet de loi de programmation militaire, le général Jean-François Ferlet, a abordé les difficultés de recrutement de la Direction du renseignement militaire (DRM), qu'il dirige, et la nécessité d'améliorer l’attractivité des métiers du renseignement. Un an et demi plus tard, rien n'a changé. les besoins restent criants. 

Un besoin urgent d'officiers et sous-officiers formés aux nouveaux métiers du renseignement

"Entre 2013 et 2020, les effectifs de la Direction du renseignement militaire. auront augmenté de 30% [...] Il faut poursuivre cette croissance, car les métiers de la DRM se transforment, a exposé le général Jean-François Ferlet, lors de cette audition de mars 2018.

"Nous avons besoin d’experts, poursuit-il, on nous demande toujours plus, on a de plus en plus de capteurs, on a toujours plus d’informations à exploiter, mais les effectifs des militaires spécialistes du renseignement n’ont pas évolué au même rythme."

L’une de mes principales préoccupations est de m’assurer que demain, la DRM et les armées auront les spécialistes dont elles auront besoin.

Les militaires de la DRM viennent des armées, donc de la fonction interarmée du renseignement, et font des allers et retours entre les armées et la DRM. "Il est très important que l’augmentation des effectifs de la DRM et des unités de la Force d’intervention rapide (FIR) soit accompagnée d’une politique de recrutements d’officiers et de sous-officiers pour honorer ces nouveaux besoins", a-t-il fait savoir. "L’une de mes principales préoccupations est de m’assurer que, demain, la DRM et les armées auront les spécialistes dont elles auront besoin."

Certes, certaines spécialités vont disparaître, avec l’émergence des traitements automatisés. En revanche, la DRM aura besoin d’autres spécialistes, notamment les data scientists ou explorateurs de données, dans le référentiel SIC des métiers de l'Etat.

Des spécialistes de niveau intermédiaire difficiles à "fidéliser"

"Aujourd’hui, j’ai un vrai déficit en militaires, constate-t-il. Encore une fois, il s’agit de spécialistes qui n’existaient pas avant dans les armées, qu’il nous faut recruter, former." Ce déficit est partiellement compensé par le recrutement de civils, mais ils sont représentent déjà 30% des effectifs. Difficile d’aller au-delà.

"Compte tenu du contexte sécuritaire dans lequel nous vivons, nous n’avons pas trop de mal à recruter, du moins des spécialistes de haut niveau, a indiqué le général Jean-François Ferlet. Mais il est plus difficile de recruter des experts de catégorie B, et surtout de les fidéliser, car ces experts sont très demandés dans le monde civil. Souvent, ils viennent chez nous pour une première expérience, pour se faire un CV, puis ils vont chercher un autre emploi à l’extérieur. C’est un problème."

> Lire aussi : PLF 2019des recrutements dans l'Armée, la Justice et l'Intérieur, mais des suppressions ailleurs

 

La Direction du renseignement militaire face au défi des big data

"La Direction du renseignement militaire doit faire face à un défi technique, celui des big data et du traitement de masse des données. Le renseignement recueilli par la DRM provient en effet de quatre origines :

  1. les capteurs électromagnétiques,
  2. les images,
  3. le renseignement humain
  4. et le renseignement d’origine cyber, qui se développe très rapidement.

"Les capacités toujours plus grandes de ces capteurs, disposant d’un débit toujours plus élevé, nous placent en face d’un ″tsunami des données″", a expliqué le général Jean-François Ferlet. 

"Nous sommes submergés par des données dont la masse croît de manière exponentielle, ajoute-t-il. Il ne saurait être question d’y faire face en se contentant seulement de demander des moyens supplémentaires en exploitants ou en analystes. Nous devons, au contraire, trouver des solutions plus innovantes, à base d’outils d’intelligence artificielle."

Investir l’espace exo-atmosphérique

L'espace exo-atmosphérique constitue un autre enjeu. Des microsatellites gravitent autour des satellites français les plus sensibles. La DRM a lancé, en 2015, un projet majeur et structurant pour les années à venir, "Intelligence campus", qui vise à relever tous les défis en matière d’exploitation, notamment dans le traitement de l’image et la "Geo-Int" – c’est-à-dire le renseignement géo-localisé et géoréférencé.

Analystes de données , explorateurs de données et intelligence artificielle

Pour ce projet, la DRM a procédé à d’importants recrutements de personnels civils, "parce que nous n’avions pas cette capacité dans les armées, et ce recrutement va continuer sa montée en puissance, avec de nouveaux experts dans de nouveaux domaines". 

ce recrutement va continuer sa montée en puissance, avec de nouveaux experts dans de nouveaux domaines.

Les data analysts, ou analystes de données, et les data scientists, ou explorateurs de données, vont notamment permettre d’évaluer les produits d’intelligence artificielle et de big data proposés.

Le ministère de la Défense embauche, en effet, non seulement des militaires, mais aussi des civils. Ces derniers ont des emplois dans les domaines technique, administratif, de la santé et du social. 

Lire aussi : La Défense emploie des militaires et des civils

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