L'université s'engage pour le recrutement et le maintien dans l'emploi des personnes handicapées

Séverine Cattiaux • mis à jour le
DOSSIER : Fonction publique et handicap

Nombre d'universités ont encore du chemin à faire pour respecter l'obligation légale d'emploi des personnes handicapées. L'université d'Amiens, ou université de Picardie Jules-Verne, fait partie de celles qui, avec l’aide du Fonds pour l'insertion des personnes handicapées dans la fonction publique (FIPHFP), s'engage en ce sens, avec notamment des projets de recrutement.

handicap - université

Se faire embaucher à l’université quand on est atteint d’un handicap ne devrait pas poser de problème. Dans les faits, le candidat peut avoir toutes les compétences requises, encore faut-il que l’employeur tienne compte du handicap en procédant aux aménagements nécessaires pour l’intégrer au mieux, pour qu'il puisse les exercer.

A l’image d’autres établissements de l’enseignement supérieur, l’université d’Amiens s’est engagée pour les trois années à venir, avec l’aide du Fonds pour l'insertion des personnes handicapées dans la fonction publique (FIPHFP), à déployer une politique facilitant l’intégration et le maintien dans l’emploi des agents en situation de handicap.

L’université d’Amiens, ou université de Picardie Jules-Verne, reçoit chaque année 30.000 étudiants. Une véritable entreprise qui emploie, pour s’occuper de tout ce petit monde, aussi bien des enseignants-chercheurs, des professeurs agrégés, des bibliothécaires, des responsables de service, des secrétaires, des informaticiens, des jardiniers, etc.

La moitié des 2.265 agents de cet établissement public sont des enseignants, un quart des administratifs, et le dernier quart est constitué de personnel technique. Parmi eux, 68 agents sont bénéficiaires de l'obligation d'emploi (BOE).

Qui sont les bénéficiaires de l'obligation d'emploi ?

  • Les personnes qui ont obtenu la reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé (RQTH).
  • Les victimes d’accident du travail ou de maladie professionnelle, titulaires d’une rente, ayant une incapacité partielle permanente au moins égale à 10%. 
  • Les titulaires d’une pension d’invalidité, si celle-ci réduit d’au moins des deux tiers leur capacité de travail. 
  • Les anciens militaires titulaires d’une pension d’invalidité.
  • Les sapeurs-pompiers volontaires victimes d’un accident dans l’exercice de leurs fonctions.
  • Les titulaires de la carte d’invalidité.
  • Les bénéficiaires de l’allocation adulte handicapé
  • Les agents reclassés.
  • Les agents bénéficiaires d’une allocation temporaire d’invalidité.

 

L’université veut faire mieux. Sur les trois prochaines années, l'université d'Amiens veut recruter une trentaine de salariés supplémentaires atteint d'un handicap. L'objectif est de compter 80 bénéficiaires de l'obligation d'emploi dans les effectifs en 2020,  pour atteindre, ou presque, le taux d'emploi légal des 6% de travailleurs handicapés.

"Les universités sont encore loin d’avoir atteint le taux légal d'emploi des personnes handicapées, admet Monica Gouzy, déléguée territoriale au handicap dans la région Grand Est, parce qu'elles n'ont pas le temps d’organiser cette politique handicap".

Quand une convention est signée avec le FIPHFP, cela confirme  qu’une vision positive en faveur des travailleurs handicapés est assurément partagée entre les élus, le DGS et les responsables.

A priori, la situation devrait nettement s’améliorer, à entendre la déléguée territoriale : "Quand une convention est signée avec le FIPHFP, cela confirme que la machine est enclenchée, et qu’une vision positive en faveur des travailleurs handicapés est assurément partagée entre les élus, le DGS, les responsables."

> Lire aussi : Fonction publique et handicap : le rôle du FIPHFP

 

Un investissement de 1 million d'euros sur trois ans

L'université de Picardie Jules Verne va déployer des moyens spécifiques et un budget de 1 million d’euros, dont la moitié sera subventionné par le FIPHP sur les trois prochaines années en faveur de l’insertion professionnelle et du maintien de l’emploi des agents en situation de handicap. Recruter une personne en situation de handicap, malvoyante, en fauteuil roulant, etc. ne s’improvise pas.

"Le handicap des agents peut revêtir des formes très variées : mal de dos, surdité, déficience visuelle, maladie dégénérative. Dans 90%, ce sont des handicaps moteurs", commente Isabelle De Tomi, responsable du service des personnels en situation de handicap de l’université d’Amiens.

Il faut souvent aménager son poste avec du matériel adapté : lunettes grossissantes, fauteuil ergonomique, fauteuil roulant, bureaux à élévation électrique, repose-bras, chariot légers pour le personnel effectuant le ménage, voire des portes coulissantes dans certaines salles.

Lorsque la mobilité de l’agent est très réduite, un auxiliaire de vie professionnelle lui sera indispensable dans ses déplacements.

 

Des managers formés à la sensibilisation du personnel

Les collègues d'un nouvel agent en situation de handicap doivent eux aussi avoir été préparés à travailler avec lui. Ils devront tenir compte de ses besoins, de ses difficultés à réaliser certaines tâches, quitte à se revoir leur planning.

Dans les mois qui viennent, l’université va aussi développer tout un volet de sensibilisation du personnel de l’université pour favoriser un climat de bienveillance à l’égard des personnes en situation handicap. "Cela se passe déjà très bien", assure Isabelle De Tomi. Mais évidemment, tous les services aujourd’hui ne sont pas concernés, la marge de progression est donc manifeste. Monica Gouzy le rappelle : "La formation des managers est un élément décisif pour accueillir davantage de personnes en situation de handicap dans la fonctions publique".

 

Maintien dans l’emploi : une politique volontariste

L’un des axes importants de la nouvelle politique volontariste de l’université est le maintien dans l’emploi. A cause de la  pénibilité de certaines tâches, l’âge de la retraite reculant qui plus est, davantage de personnes sont susceptibles de connaître des difficultés dans l’exercice de leur métier. L'affectation à autre poste est alors souhaitable. Les accidents de la vie peuvent également frapper tout un chacun.

L’employeur doit être prêt à répondre aux nouveaux besoins de ses agents. "Il est bon que les agents sachent qu’ils seront accueillis avec bienveillance par leur employeur lors de la survenance d’un problème de santé et qu’une solution d’accompagnement leur sera proposée", souligne Monica Gouzy.

Suite à un glaucome mal soigné, la directrice de la bibliothèque universitaire d’Amiens a perdu l’usage d’un œil. Sur les conseils du médecin du travail et du responsable de la cellule handicap, la responsable a fait reconnaître son handicap. Une première démarche importante pour accepter son handicap et faciliter par la suite une demande d’aménagement de poste pour l’aide à la lecture notamment, etc.

Atteinte d’un syndrome d’intolérance aux odeurs chimiques, une secrétaire administrative ne peut partager son bureau. Son service ayant dû déménager, elle ne pouvait plus conserver ce privilège. L’université d’Amiens l’a aidée à retrouver les mêmes conditions de travail, sur un autre poste.

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