Educateur spécialisé : « aider les autres à s’en sortir »

Séverine Cattiaux
DOSSIER : Les métiers du social

A 55 ans, Christine a été éducatrice spécialisée une vingtaine d’années dans un internat municipal géré par une grande ville, s’inscrivant dans le dispositif dit de « Réussite éducative ». Elle l'affirme : « C’est un métier qui touche à l’humain, en prise directe avec des gens qui souffrent. C’est un métier que l’on ne fait pas par hasard ».
 

Educateur adolescents
L’éducateur spécialisé accompagne aussi bien des personnes précaires, en situation d’handicap, en insertion, des patients atteints de maladies chroniques, des enfants en danger, des adolescents en crise… Christine s’occupe, pour sa part, d’enfants âgés de 6 à 14 ans. En difficulté sociale et familiale, ces jeunes sont retirés provisoirement de leur famille, laquelle n’arrive plus à faire face à la situation. « Les parents nous confiaient leurs enfants, tient à préciser Christine, ce qui rendait les relations avec eux relativement confortables». Le rôle de Christine et de ses collègues n’en est pas moins crucial dans la reconstruction des enfants.
 

Un « gros travail de tutorat »

 
Novice dans le métier, Christine arrive dans cette structure pour assurer un remplacement. Bien qu’elle ne possède pas le diplôme ad hoc, son parcours d’ « animatrice de rue » convient à l’employeur et s’avère même un atout dans son travail auprès des enfants. En cours d’emploi, Christine passe le diplôme d'État d'éducateur spécialisé (DEES), une formation de trois ans que lui paye la collectivité.
 
Au quotidien, l’éducatrice emmène les enfants à l’école, scolarisés dans les établissements du quartier. Elle va les rechercher, le midi pour le repas, et en fin de journée, puis les aide pour les devoirs, le soir. Elle ne cesse de faire le lien avec les familles et l’Education nationale. « On discute beaucoup avec les enfants, on essaye de les remette au boulot. C’est un gros travail de tutorat pour les remettre dans le fonctionnement classique d’un enfant de leur âge, commente Christine, et ce avec l’aide bien sûr d’orthophoniste, psychologue, etc.». Au bout de quelques temps, la situation des enfants s’arrange, ou au contraire se dégrade. Au quel cas, la Justice prend le relais pour envisager un placement des enfants.
 

Une posture bien spécifique

Empathie, écoute, bienveillance, la profession d’éducateur spécialisé fait appel à de grandes qualités humaines. Des qualités que tente d’éprouver Marie-Jo Souriau,  Formatrice en DEES, lors des entretiens qu’elle fait passer aux candidats postulant à la formation. Au cours de la formation ainsi que tout au long de la carrière du professionnel, il importe aussi développer la capacité d’aller vers l’autre, note Marie-Jo Souriau, qui ajoute : «Je vous promets que ça ne va pas de soi !».
 
L’éducateur spécialisé doit veiller à ne jamais sortir de sa posture, ne jamais déroger à son éthique, qui lui tient lieu de boussole. Posture dont la formatrice définit ainsi les contours : « Ce professionnel doit être dans le non-jugement, il doit prendre la situation telle qu’elle est, et s’atteler à mettre en valeur la participation des personnes et de développer leur pouvoir d’agir ».  
 

La nécessité de se préserver

L’éducateur spécialisé travaille toujours au sein d’une équipe et en lien avec de nombreux partenaires extérieurs pour assurer une prise en charge souvent multiple. « Il faut savoir relâcher, quand c’est trop dur, pouvoir compter sur les collègues et aussi mettre de la distance », recommande Christine. «Il faut apprendre à être réflexif, être en capacité d’analyse une situation vécu pour voir les ajustements possibles », considère, pour sa part Marie Jo Souriau.
 
 

Des professionnels recherchés, un métier en tension

 
Ces dernières années, la plupart des éducateurs spécialisés trouvent un emploi, avant même d’avoir terminé leur formation, tant ces professionnels sont recherchés. « Certains refusent même des CDI, car ils veulent multiplier les expériences dans d’autres secteurs, avec d’autres publics » observe Marie-Jo Souriau. « On a du mal à fidéliser nos éducateurs » est une remarque qu’entend souvent la formatrice. Les effectifs sont rarement au complet dans certaines collectivités.
 
La raison en est que le travail social est très peu attractif, avec les salaires relativement bas. « On retrouve la même problématique que dans le sanitaire ». Qui plus est, les conditions de travail se durcissent : les situations des publics sont de plus en plus complexes, les budgets sont serrés et le personnel fonctionne à flux tendu. Dans certaines structures, comme notamment les centres hospitaliers, en pénurie de personnels soignants, l’éducateur spécialisé peut aussi se sentir parfois bien seul. 
 
 

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