Devenir agent de propreté urbaine, comme Laetitia

Séverine Cattiaux • mis à jour le
DOSSIER : Les métiers de l'environnement

C'est un métier physique, parfois pénible. Il n'est pas pour les petites natures et n'est pas réservé aux hommes ! Des femmes sont tout à fait capables d'être agentes de propreté urbaine. A l’instar de Laetitia. Rencontre avec une fonctionnaire bien dans ses bottes.

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Tous les matins, Laetitia, 28 ans, agente de propreté urbaine à la ville de Grenoble (Isère), part faire sa tournée à bord de son goupil, petit véhicule équipé d'une remorque. Le nettoyage des rues démarre à 7 h 30 et se termine à 14 h 45. Ensuite, Laetitia vide les détritus à la déchetterie et nettoie son véhicule. La journée est finie. Laetitia apprécie tout particulièrement l’autonomie dont elle jouit dans son travail : "Je suis seule, mais j’ai une radio s'il arrive quelque chose ou si j'ai besoin de joindre le service." 

La jeune femme est responsable de la propreté d'un quartier de Grenoble. Elle y restera toute l’année et en changera l’année prochaine. Chaque jour, elle nettoie les abords des écoles de son secteur, avant d'enchaîner par les "points sensibles, les endroits repérés comme étant rapidement sales". Ensuite, Laetitia se conforme au plan de propreté urbaine, qui lui indique son parcours. Elle sait ainsi que tel jour, elle doit nettoyer telle rue : "Par exemple, je passe dans la rue Stalingrad trois fois par semaine : lundi, mercredi et vendredi."Parmi les points de vigilance : les trottoirs, caniveaux et les massifs. Suivant la saison, elle désherbe les rues, aspire les feuilles mortes, déneige…

Chaque jour apporte son lot de "surprises". Un mot bien aimable pour parler d’un “dépôt sauvage", "d'éclats de verre éparpillés", de "sacs poubelles répandus", de "rats crevés"', de "coins à capotes", etc. Il faut avoir le cœur bien accroché", confirme-t-elle.

"Le pire de que j’ai fait, c'est de nettoyer les campements de personnes qui vivaient dans des conditions vraiment insalubres." Ce sont des travaux vraiment pénibles, pour lesquels la ville recourent aux agents de propreté volontaires, c'est donc chacun son tour.

On est bien visibles en fluo, les gens nous identifient comme des agents de la ville et viennent nous parler.

Trois femmes sur 229 agents au service "propreté"

Dans le service "propreté urbaine" de la ville de Grenoble, elles ne sont que trois femmes. Il a fallu un certain temps à la gente masculine pour se faire à la présence féminine. Le ton est assez bourru dans le service. Mais Laetitia est d’humeur égale en toutes circonstances. "Ce métier me plaît, je travaille dehors, cela change de l’usine."

De plus, c’est un métier de contacts. "On est bien visibles en fluo, les gens nous identifient comme des agents de la ville et viennent nous parler." La plupart du temps, les passants cherchent leur chemin, un parking gratuit… Mais souvent aussi, l’agente de propreté doit essuyer des remarques désobligeantes. "Il y en a qui aiment bien râler", déclare-t-elle. Certains ne manquent pas de culot : "Leurs chiens font leurs besoins sur le trottoir..., alors qu’on se trouve à quelques mètres d’eux !" Dans ces cas-là, Laetitia ne peut pas s’empêcher d'administrer une petite leçon de civisme.

>> Lire aussi : le témoignage de Nicolas, agent de propreté, qui insiste sur l'aspect pédagogique de ses missions

Tant que j'ai envie d'aller travailler chaque matin, les gens peuvent dire ce qu'ils veulent.

Passer les concours pour évoluer

Laetitia gagne 1 400 euros par mois avec les primes (200 euros de prime d'insalubrité). Envisage-t-elle de rester agente de propreté de nombreuses années ? Sans doute pas, mais pour le moment, le métier lui convient. Et de raconter cette anecdote : "J'ai déjà entendu une maman dire devant moi à son enfant : tu vois, si tu ne travailles pas bien à l'école, tu finiras comme cela. Les remarques de ce genre ne me gênent pas. Tant que j'ai envie d'aller travailler chaque matin, les gens peuvent dire ce qu'ils veulent", assure Laetitia.

Pour évoluer dans la fonction publique, elle doit passer des concours. "Cela permettra d'augmenter la fiche de paie et aussi d'encadrer par la suite une équipe", souligne-t-elle. Pas de chance, elle vient de manquer de très peu le concours d’adjoint technique 1re classe. Mais elle ne désespère pas, d’autant qu’avec l'ancienneté les exigences pour décrocher le concours sont moindres.

>> En savoir plus sur les concours : découvrez notre page dédiée 

Son parcours

Après avoir travaillé quelques années, sous contrats courts, comme technicienne dans une usine d’électronique, Laetitia avait envie d’un emploi fixe exercé à l'extérieur.

En 2012, elle envoie une série de CV dans les collectivités territoriales. Pas difficile, Laetitia est ouverte à tout type de travail, sauf les espaces verts : "Je crains certains pollens". C’est ainsi que Laetitia, diplômée d’un BEP mécanique auto est recrutée en qualité d'agent de propreté à Grenoble, après un entretien avec un jury.

Sa période de stage dure deux ans. Laetitia fait ses premiers pas d’agente de propreté au sein de l'équipe "marché" de l'après-midi, sur la tranche 12 h 30-19 h. Pour l'essentiel, elle nettoie les espaces publics, places et placettes après les marchés. Cette équipe est également chargée, le mercredi après-midi et le samedi matin de nettoyer les cours des écoles et occasionnellement d’intervenir avant et après les grands événements, comme les foires, kermesses, etc. Cette équipe doit aussi vider les poubelles le long des lignes de tramways. Au bout d'un an, la ville propose à Laetitia de changer d’équipe pour vérifier sa capacité à s’intégrer. Deux ans plus tard, elle est titularisée.

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