Béryl de Saint-Sauveur, danseuse (portrait métier)

Stéphane Menu • mis à jour le
DOSSIER : Les métiers de la culture

Elle est passée par l’Opéra de Paris et la Scala de Milan. A 27 ans, Béryl de Saint-Sauveur a posé ses pointes au ballet de l’opéra du Grand Avignon. Dans quelques mois, la jeune femme, contractuelle territoriale, découvrira les "délices" d’un… CDI. De quoi envisager la reconversion avec sérénité, dans un métier où le corps, à 40 ans, n’a plus l’élasticité bondissante des (très) jeunes années.

Beryl de Saint-Sauveur - Danseuse

Elle a appris qu’elle était contractuelle de la fonction publique territoriale en signant son contrat. Puisqu’elle est entrée dans la case "catégorie B" après avoir effectué ses premiers exercices d’échauffement à la barre. Béryl de Saint-Sauveur découvre son statut en dansant. Formée à l’opéra de Paris, forte d’une expérience à la célébrissime Scala de Milan, la jeune femme de 27 ans est au milieu du gué de sa carrière. Danseuse au ballet de l’opéra du Grand Avignon, contractuelle à la mairie avant que le ballet ne passe sous la tutelle de l’agglo, Béryl de Saint-Sauveur sait que son métier est peu compatible avec les exigences de la fonction publique territoriale.

C’est un métier artistique. Nous sommes souvent en tournée. Il n’est pas simple de poser une grille horaire, par exemple, sur les temps de répétition. Nous essayons de nous y tenir, de faire en sorte de partir à des heures précises, mais nous empiétons souvent, par passion, sur les 35 heures.

Comme tous les salariés, elle doit "faire" ses 1 540 heures dans l'année. "Le système des RTT s’applique au rythme des représentations. Lorsque nous avons un creux dans la programmation, au lieu de faire 35 heures, nous n’en faisons que 28."

Premier contrat de danseuse, à 12 ans

L’équation est simple : faire de la passion de la danse son métier ne se décrète pas après l'adolescence… "On commence très tôt. J’ai signé mon premier contrat à 12 ans. J’ai commencé à travailler réellement à partir de 17 ans. Jusqu’à ce que l’opéra de Paris décide de ne pas renouveler mon contrat."

C’était il y a cinq ans. Un coup de massue, forcément. Un clin d’œil du destin, aussi, pour changer de vie. Avec son compagnon, Béryl de Saint-Sauveur était tombée sous le charme d’une petite maison dans la périphérie immédiate d’Avignon. Ils franchissent ensemble le pas de l’achat.

"C’est à partir de là que je me suis rapprochée de l’opéra d’Avignon, alors encore sous tutelle municipale [l'opéra-théâtre relève aujourd'hui de la communauté d'agglomération, lire l'encadré], pour y passer une audition et être finalement retenue".

Le salaire n’est, certes, pas le même : entre Paris, Milan et Avignon, il n’y a pas photo. Mais "c’est un petit sacrifice raisonnable", assure-t-elle.

 

Pour une danseuse, deux voies royales sont possibles : les grandes compagnies à statut privé ou les ballets des grandes villes, sous tutelle d’Etat ou de collectivités territoriales. "On ne choisit pas vraiment. Il y a à la fois un critère de chance, d’opportunisme, comme dans tous les jobs."

Après la danse, CDI et reconversion facilitée

Au sein de la collectivité territoriale, Béry de Saint-Sauveur a au moins une certitude, et non des moindres :

La perspective de la reconversion, qui n’est pas évidente dans nos métiers, est plus sécurisée. Nous savons que nous pouvons rester au sein du ballet, dans une autre fonction, mais toujours au plus près de notre passion.

"A partir de 40 ans, une danseuse doit penser à sa reconversion. C’est le corps qui l’impose", sourit-elle. Il peut y avoir la blessure, les entorses à répétition. La loi naturelle est impitoyable, "plus facilement prise en compte dans une collectivité".

Bientôt, après ces deux contrats de trois ans, elle obtiendra un contrat à durée indéterminée. Chaque année, quand l’opéra ferme le rideau, "nous prenons six semaines de congé obligatoires. Nous rattrapons ainsi les dépassements d’horaires".

Rendez-vous en septembre, avec un programme chaque fois chargé et renouvelé. En général, chaque saison est composée d’au moins 6 opéras produits en interne, appelés à tourner à travers la France et l’étranger.

122 agents au théâtre opéra du Grand Avignon

Les 122 agents de la mairie d’Avignon ont franchi le gué en 2012, passant à la communauté d’agglomération du Grand Avignon. Ils occupent une quarantaine de métiers différents. "Nous sommes à la fois un opéra et un théâtre de ville et notre programmation est caractérisée par sa diversité. Ce qui réclame une organisation au cordeau où chaque maillon de la chaîne joue un rôle essentiel", assure le directeur, Gérard Facq. Il arrive souvent que les agents travaillent le dimanche. Le lundi, en dehors des services administratifs, tout le monde est au repos.
 
La saison lyrique est composée de 8 opéras, dont 6 sont produits en interne et sont appelés à se produire dans d’autres lieux. « Ce qui constitue un gain de recettes de 80 000 euros en moyenne, chaque représentation étant vendue 5 500 euros, précise-t-il.». 
Les couturières créent 300 nouveaux costumes chaque année, qui rejoignent le stock impressionnant des 8 000 costumes. Ces derniers sortiront des placards de temps à autre, l’atelier "retouche" se chargeant d’en redimensionner 150 environ chaque mois

 

Dossier du mois

Les chiffres clés de la fonction publique en 2017

La fonction publique en chiffres - 2017

DÉPOSEZ VOTRE CV et rejoignez la première CVthèque de l’emploi public !

J'ajoute mon cv Pas encore de cv ?

Les concours en lien avec l’article