Bébé et carrière : un "exploit" à la portée de toutes ?

Laure Martin • mis à jour le
DOSSIER : Objectif : égalité femmes-hommes dans la fonction publique

Au-delà des raisons objectives qui expliquent la difficulté à concilier vies familiale et professionnelle, une étude révèle que beaucoup de femmes dirigeantes de la fonction publique restent prisonnières d'une forme d'autocensure... Que leur entourage -conjoint en tête- ne les aide pas à dépasser. Bébé et/ou carrière : un choix à imposer !

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Pour de nombreuses femmes, le choix est difficile...  Alors que les rapports et autres études sur les inégalités professionnelles entre les femmes et les hommes se multiplient et que des politiques d’égalité professionnelle sont mises en place depuis quelques années, une enquête("Le plafond de verre dans les ministères : une analyse de la fabrication organisationnelle des dirigeant.e.s", Marry Catherine - Centre Maurice Halbwachs, Jacquemart Alban - Institut de recherche interdisciplinaire sur les enjeux sociaux, sciences sociales, politique, santé, Le Manco Fanny, Pochic Sophie - Centre Maurice Halbwachs, Revillard Anne - Observatoire sociologique du changement (OSC), Bereni Laure - Centre Maurice Halbwachs, 2013-08, Paris, 270  p. Cette  enquête sociologique a été menée auprès d’une centaine (deux tiers de femmes, un tiers d’hommes) de cadres dirigeants et supérieurs de deux directions générales de Bercy et deux directions générales des ministères sociaux.) financée par la DGAFP présente les conclusions d’une recherche  sur "les carrières des dirigeants dans la fonction publique de l’Etat, approche qualitative des inégalités entre hommes et femmes". Cette étude  met en évidence la persistance des inégalités hommes-femmes dans la fonction publique. Et pas qu’un peu…

Un "désavantage féminin à Bercy" - Il existe un "désavantage féminin" à Bercy et un "avantage masculin" dans les ministères sociaux. Autrement dit, les hommes sont promus aux postes dirigeants dans des proportions supérieures à leur présence dans les échelons inférieurs. L’ENA, toujours plus favorable aux hommes dans les années 2000, est le meilleur passeport pour une carrière ascendante. Or, elle est pour les femmes, la condition d’une "confiance en soi" équivalente à celle des hommes, passés ou non par l’ENA, qui limite l’autocensure.

Le saviez-vous?

Qui suit qui ? - Les "doubles carrières" dans des couples sont plus difficiles à mener de front pour les femmes. Alors que les hommes bénéficient d’une compagne qui les "suit", parfois même à l’étranger, et qui les soutient pour préparer des concours, les femmes doivent affronter les résistances d’un conjoint vis-à-vis de leur mobilité et sont peu soutenues au moment de la préparation des concours.

Peur d'être "plus" - Certaines craignent parfois de "dépasser" professionnellement leur conjoint, ce qui reste un tabou social. La "peur du divorce" peut même conduire certaines femmes, à diminuer leur investissement professionnel.

Le développement des politiques publiques d’égalité favorise l’expression d’une conscience égalitaire. Elle est néanmoins plus fréquente chez les femmes que chez les hommes, et chez les femmes énarques que non énarques.

Des portes fermées trop tôt - Les femmes renoncent plus que les hommes à passer les concours internes leur permettant de gravir les échelons, en raison du temps hors-travail nécessaire à leur préparation ou bien de l’éloignement géographique que la réussite d’un concours impose durant la scolarité.

De plus, les premiers choix professionnels pèsent sur les carrières : les femmes s’orientent plus souvent vers les ministères sociaux et les postes d’expertise, offrant moins de perspectives professionnelles que les administrations de Bercy et les postes de "management", privilégiés par les hommes.

Disponibles... pour les enfants - La forte disponibilité horaire des postes dirigeants, et plus encore en cabinet, défavorise les femmes, très largement en charge de la vie familiale. Les modèles de carrière, où "tout se joue" entre 30 et 40 ans, les pénalisent également, puisque c’est en moyenne, l’âge du premier enfant.

Les femmes sont ainsi confrontées à l’obligation de trouver le "bon moment" pour avoir des enfants si elles aspirent à une carrière professionnelle ascendante, et ce choix peut être l’occasion de pratiques discriminantes envers elles. La "conciliation" travail-famille est beaucoup plus problématique pour elles. De même, la mobilité géographique répétée, condition pour "faire carrière" dans les services déconcentrés, est un obstacle majeur pour les carrières des femmes et problématique pour les couples à double carrière.

Et dans le secteur privé...

 

Environ un tiers de femmes cadres ont vécu leur maternité comme un obstacle professionnel, selon une étude publiée le 24 mars 2015  par l'association "A compétence égale". Ainsi, près d'un quart des mères affirment avoir été écartées de prises de décisions auxquelles elles avaient l'habitude de participer, à leur retour de congé maternité.

Les femmes du secteur public ont un peu plus de "chance" : dans la fonction publique, on obtient plus facilement des aménagements du temps de travail .

 

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