Parité : 35% de femmes primo nommées aux postes de direction

Julie Krazowsky
DOSSIER : Objectif : égalité femmes-hommes dans la fonction publique

La fonction publique devait compter 40% de femmes primo nommées aux plus hauts emplois en 2017. Un objectif, optimiste, fixé cinq ans plus tôt. On en est loin. Mais que faudrait-il changer pour atteindre la parité femmes-hommes sur le front professionnel, avec des salaires similaires à compétences comparables ? C'est l'un des points abordés par les participants du colloque sur la parité dans la fonction publique, organisé en décembre par la DGAFP et la Mission cadres dirigeants. 

cadres- femmes- salaires

Voilà un an, la Direction générale de l'administration et de la fonction publique (DGAFP), en collaboration avec la Mission Cadres Dirigeants, a organisé un colloque sur l’accès des femmes aux plus hautes responsabilités dans la fonction publiqueAvec ce constat : la parité femmes-hommes tarde à s’imposer dans les administrations, aux postes de direction notamment. Aujourd’hui, nous en sommes toujours au même point. L'évolution des mentalités est lente, et l'on est jamais à l'abri d'une régression...

Parité et postes à responsabilité : l'objectif de 40% reste lointain

Cinq ans après la loi Sauvadet de 2012, les 40% de primo nominations de femmes à des postes à responsabilités attendus pour 2017 ne sont pas au rendez-vous. "Nous en sommes à 35%" pour l'ensemble de la fonction publique, indique lors du colloque de 2017, Florence Méaux, déléguée pour la rénovation de l’encadrement dirigeant de l’Etat. Une fonction publique de l’Etat qui, souligne-t-elle, est à la traîne par rapport aux deux autres versants de la fonction publique.

Concernant les primo nominations de femmes à des postes à responsabilités, la fonction publique hospitalière obtient le meilleur résultat, avec 38%, suivie par la fonction publique territoriale avec 35%. La fonction publique de l’Etat arrive dernière, avec 32% de primo nominations.

Parité dans la fonction publique de l'Etat : des chiffres décevants

Fin 2016, la fonction publique de l’Etat compte 28% de directrices d’administration centrale, 27% d’ambassadrices, 21% de préfètes, 48% de rectrices, 22% de directrices d’agence régionale de santé, 33% de directrices de services actifs à la police nationale.

 

Parité dans les collectivités territoriales : un label pour le 93 !

Certaines collectivités territoriales affichent, elles, un bilan positif, comme le conseil départemental de la Seine-Saint-Denis. Il s'agit de la première collectivité à avoir obtenu le label Afnor pour l’égalité hommes-femmes en 2016.

Depuis trois ans, les services du conseil départemental rédigent leurs communications en écriture inclusive et des agents volontaires se font ambassadeurs de la parité.

Chaque bureau est équipé de cartons jaunes grands formats à brandir, si un agent est témoin d’un échange 'limite'.

Par ailleurs, le conseil départemental encourage le télétravail pour les femmes et les hommes qui le souhaitent, histoire de conjuguer plus facilement obligations familiales et professionnelles. Malgré un ratio modèle de 50% de femmes dans les fonctions d’encadrement supérieur, des inégalités demeurent toutefois au sein des services.

Pour en savoir plus 

> Télécharger le Bilan du dispositif des nominations équilibrées sur les emplois supérieurs et dirigeants de la fonction publique, ministère de l'Action et des comptes publics, 2017

 

Secteur privé : les femmes tout aussi discriminées

Dans le secteur privé, le sort réservé aux femmes n'est pas plus enviable... Selon l’Association nationale des DRH (ANDRH), "65% des DRH d’entreprises sont des femmes". Les écarts de salaires sont supérieurs dans les fonctions RH à ceux que l’on trouve dans d’autres fonctions moins féminisées". Dans le privé, les femmes se concentrent encore sur un minuscule secteur d’activité.

Dans les 30 catégories socioprofessionnelles de l’Insee, 80% des femmes occupent 6 secteurs, dont la santé, le social, l’éducation et la justice. Celles qui se sont aventurées dans des secteurs à dominante masculine affrontent des préjugés encore plus tenaces. Les domaines d’activité encore peu féminisés, comme l’industrie, les transports, l’aéronautique, ne leur laissent en effet pas la possibilité d’imprimer leur style.

De fait, les inégalités femmes-hommes restent importantes. L'un des principaux obstacles est la répartion des rôles entre monsieur et madame, à la maison. A elle, toujours et encore, d'assumer les tâches domestiques et d'éduquer les petits... Quitte à sacrifier sa vie professionnelle (et personnelle) sur l'autel de la vie de famille. Pour certaines, ce n'est pas un sacrifice, mais un choix assumé. Pour d'autres, non, et le choix est difficile à faire et à vivre, quel qu'il soit.

L’autre obstacle tient au parcours de promotion. Le fameux "plafond de verre" reste épais. Ainsi, en France, plus on monte dans l’échelle des salaires, plus l’écart se creuse au détriment des femmes.  

Les 10% de femmes les mieux rémunérées gagnent 22% de moins que leurs homologues masculins (Insee 2013).

Peu nombreuses tout en haut de l’échelle hiérarchique, les femmes affrontent toujours un "plancher de colle" qui entrave leur progression professionnelle. Dans le public comme dans le privé, la parité sur le terrain professionnel reste un object inatteignable, tant que subsistent les autres discriminations vécues dans la sphère personnelle.

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