Les médecins inspecteurs de santé publique

La Rédaction • mis à jour le
DOSSIER : Médecins dans la fonction publique

L'un des principaux corps de médecins relevant de la fonction publique d'Etat est celui de médecin inspecteur de santé publique (MISP).

Médecine - Santé publique

Relevant de la fonction publique de l'Etat, les médecins inspecteurs de santé publique (MISP) interviennent dans plusieurs domaines de la santé, du médico-social ou du social, ainsi qu'en matière de prévention, pour anticiper les crises. Ils élaborent, mettent en œuvre et pilotent des programmes de santé départementaux et régionaux.

Les missions des médecins inspecteurs de santé publique

  • Concevoir et coordonner des projets de santé publique dans le cadre des programmes régionaux d'accès à la prévention et aux soins dans les domaines de la santé, médico-social ou social.
  • Evaluer et contrôler l'organisation des soins notamment dans le cas des restructurations d'établissements de santé, d'implantations de nouvelles activités sanitaires ou médico-sociales, etc.
  • Conduire des études épidémiologiques, démographiques ou statistiques pour déterminer, par exemple, l'état de santé d'une population face à une maladie spécifique ou à la suite d'une toxico-infection.
  • Assurer l'inspection des établissements en fonction de problématiques spécifiques ou dans les cas de dysfonctionnements signalés par les usagers, etc.

 

Les lieux d'exercice des médecins inspecteurs de santé publique 

Avant la loi Hôpital, patients, santé et territoires (HPST) et la mise en place des agences des régionales de santé (ARS), les MISP exerçaient majoritairement leurs missions au sein des directions régionales et départementales d'action sanitaire et sociale. Aujourd'hui, alors que l'on recense environ 600 MISP, environ 400 ont rejoint les équipes des ARS.  

"Le champ d'action des MISP couvre la quasi-totalité des compétences des ARS : l'observation, la veille sanitaire, la sécurité sanitaire, la gestion de crise, la promotion de la santé, la prévention, l’organisation des soins et du médico-social, détaille Jacques Raimondeau, médecin inspecteur de santé publique à la Direction générale de la santé.

La mise en place des ARS et la loi HPST ne modifient pas fondamentalement nos missions, mais plutôt notre approche. Ainsi, il y aura forcément des rapprochements avec les médecins conseils de l'Assurance-maladie. Il y a probablement un enjeu culturel dans la construction des ARS : nous sommes entrés dans une logique plus  "assurantielle".

Les médecins inspecteurs vont apprendre à compléter leur approche des problèmes de santé en intégrant plus la notion d'efficience. Ce sont avant tout des planificateurs et des animateurs de politique, alors que les médecins-conseil sont plus contrôleurs et gestionnaires : il va falloir mixer ces deux approches. Nous travaillons dans un objectif de service public qui doit s’articuler avec la rationalité économique de l’Assurance maladie."

Outre les ARS, les MISP sont employés au sein de différentes directions du ministère de la Santé ou des agences nationales de type Inpes (Institut national de prévention et d'éducation à la santé), INVS (Institut national de veille sanitaire), etc.

Les MISP suivent une formation en alternance d’un an à l’EHESP.

Témoignage

Dominique Deugnier, présidente de l'Association des médecins inspecteurs de santé publique (AMISP)

"Nous pouvons jouer un rôle d'impulsion"

"En 1996, les ordonnances "Juppé" ont constitué un tournant majeur pour notre profession: les MISP ont été des fers de lance dans cette réforme de la régionalisation des politiques de santé. Avec la décentralisation des lieux de décision, c'est à eux qu'a été confiée la définition des programmes et des objectifs de santé fondés sur l'observation de la santé. Nous sommes, par exemple, pour beaucoup d'entre nous, à l'origine des programmes régionaux de santé (PRS).

Aujourd'hui, nous pouvons jouer un rôle d'impulsion un peu similaire lors de la mise en place des agences régionales de santé (ARS). L'association des médecins inspecteurs s'est d'ailleurs manifestée très tôt pour soutenir cette réforme, qui couvre l'ensemble du système de santé et du secteur médico-social.

C'est une évidence qu'il n'est plus possible de traiter le sanitaire, d'un côté, et le médico-social, de l'autre. En cela, la mise en place des ARS apparaît comme une bonne voie pour pallier les rigidités d'un système de santé trop cloisonné. Les ARS devraient permettre de lever certains freins, car tous les acteurs sont amenés à travailler ensemble.

Elles vont permettre de faire vivre la démocratie sanitaire et c'est quelque chose que savent faire et à laquelle croient les MISP. En revanche, on fait naître une véritable technocratie à l'échelle de la région : on fusionne 10 administrations au sein d'une seule avec des agents de statuts différents, y compris de statut privé avec les agents de l'assurance maladie. Nous sommes dans un contexte d'évolution, on peut même parler de raz-de-marée , très déstabilisant mais très exaltant.

Nous espérons cependant que notre ministère saura nous protéger en reconnaissant les acquis que notre profession a apportés en termes de savoir-faire et de compétences. Nous avons besoin de garder des références précieuses pour la collectivité, comme le dévouement au service public allié à des compétences techniques solides et indépendantes, qui font la spécificité de notre passionnant métier."

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