Infirmier en pratique avancée : un métier qui a de l'avenir

Laure Martin
DOSSIER : Les secteurs qui recrutent dans la fonction publique hospitalière

Depuis la rentrée 2018, des centaines d'infirmiers suivent chaque année un master "infirmier en pratique avancée" (IPA). Au bout de cette formation, un métier de santé intermédiaire entre le médico-social, le paramédical et le médical stricto sensu. Un métier conçu comme un "levier de la rénovation de notre système de santé" par le gouvernement.

Hôpital

Prévu par l'article 119 de la loi Santé de 2016, l'infirmier en pratique avancée (IPA) est un métier recherché, parce qu’il répond non seulement à des besoins cruciaux en termes de santé, mais aussi à une évolution du fonctionnement même notre système de santé. 

 

L'infirmier en pratique avancée : ni super infirmier, ni médecin aux petits pieds

Ce statut ouvre aux infirmiers diplômés d'Etat des perspectives de carrière inédites, au sein d'une équipe de soins, dans un établissement de santé.

D’après le Conseil international des infirmiers (CII), « un infirmier qui exerce en pratique avancée est un infirmier diplômé qui a acquis des connaissances théoriques, le savoir-faire nécessaire aux prises de décisions complexes, de même que les compétences cliniques indispensables à la pratique avancée de sa profession. Les caractéristiques de cette pratique avancée sont déterminées par le contexte dans lequel l’infirmier sera autorisée à exercer ».

La pratique avancée permet de faire évoluer les compétences des professionnels paramédicaux pour s’adapter aux nouveaux besoins des patients, tout en libérant du temps pour les médecins. 

 

Une profession intermédiaire de santé

L'infirmier en pratique avancée exerce donc une profession à la frontière entre le paramédical, le social et le champ médical proprement dit. Il participe à la prise en charge globale des patients dont le suivi lui est confié par un médecin, indique le décret sur l'exercice de la pratique avancée.

 "Dans le respect du parcours de soins du patient coordonné par le médecin traitant," l'IPA apporte son expertise et participe à l'organisation des parcours entre les soins de premier recours, les médecins spécialistes de premier ou deuxième recours et les établissements et services de santé ou médico-sociaux."

 

 

Une autonomie dans un cadre défini

Le médecin garde le leadership (et la responsabilité ultime) du diagnostic et de la conduite du projet thérapeutique. De son côté, l’IPA peut suivre, avec l’accord du médecin, les patients qu’il lui confie, sur la base d’un protocole d’organisation établi pour préciser les modalités de leur travail en commun. L’IPA détient alors la responsabilité du suivi régulier des patients pour leurs pathologies et peuvent prescrire des examens complémentaires, demander des actes de suivi et de prévention ou encore renouveler ou adapter, si nécessaire, certaines prescriptions médicales. Ces compétences sont donc élargies par rapport à celles de l'infirmier diplômé d'Etat (validées par le diplôme d'Etat d'infirmier en pratique avancée, lire ci-dessous).

 

L'IPA peut intervenir dans cinq domaines :

1/ Oncologie, hématologie

2/Néphrologie, dialyse, maladie rénale chronique

3/Psychiatrie, santé mentale

4/Prévention et poly-pathologies courantes en soins primaires

5/Pathologies chroniques stabilisées : cardiopathie et maladie coronaires, artériopathies chroniques, accident vasculaire cérébral, diabète type 1 et 2, insuffisance respiratoire chronique, maladie d’Alzheimer et autres démences, épilepsie, parkinson.

 

L'infirmier en pratique avancée, "levier de la rénovation du système de santé français" 

La création du statut d'infirmier IPA marque une évolution dans l'organisation traditionnelle des compétences des professions de santé. La création de cette profession doit, selon le ministère, contribuer à relever les trois grands défis posés à notre système de santé : 

•          le vieillissement de la population, accompagné de l'allongement de la durée de vie des personnes âgées,

•          le développement des maladies chroniques, impliquant un suivi du patient sur le long terme par une équipe multidisciplinaire, avec des parcours complexes,

•          la pénurie de médecins ; la désaffection des jeunes médecins pour la médecine générale, la psychiatrie et la gériatrie notamment ; et l'inégale répartition des praticiens sur le territoire, d'où les "déserts médicaux", qui remettent en cause le principe de l'égal accès aux soins de la population.

 

Comment devenir infirmier en pratique avancée ?

Une formation de niveau bac+5

Depuis la rentrée 2018, plusieurs centaines d'infirmiers suivent leur master IPA, en formation initiale, en formation professionnelle continue, ou encore par la Validation des acquis de l’expérience (VAE). La durée de cette formation est de quatre semestres. 

Pour exercer, l'infirmier ayant obtenu son master doit en outre justifier de trois années au moins d'exercice en équivalent temps plein de la profession d'infirmier et être inscrit au tableau de l'ordre des infirmiers et simultanément enregistré au RPPS.

 

 

 

 

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