Devenir infirmière carcérale, comme Dominique

La Rédaction • mis à jour le
DOSSIER : Infirmier ou aide-soignant dans la fonction publique

Dominique Godard, infirmière carcérale, connaît la prison de la Santé (photo) comme sa poche. Cela fait 18 ans qu'elle y soigne les détenus avec l'équipe de l'unité de consultations et de soins ambulatoires (UCSA), interne à l’établissement et rattachée à l’hôpital Cochin. La douceur de celle qui panse les blessures et une solidité à toute épreuve pour résister à la violence, inscrite dans les murs.

Prison - soins

(Mis à jour le 10/06/2020) Voilà 18 ans que Dominique Godard arpente les couloirs de la prison de la Santé, qu’elle connaît dans ses moindres recoins. Avant d’intégrer l’UCSA, l’infirmière, diplômée depuis 1975, a exercé pendant sept ans au service réanimation hépato-gastro-entérologie de l’hôpital Saint-Antoine à Paris, puis à l’institut Alfred Fournier.

« J’intervenais au sein du centre de dépistage anonyme et gratuit, se rappelle Dominique Godard. C’est comme cela que j’ai découvert la prison de la Santé. Trois fois par semaine, nous venions à la prison pour faire le dépistage du VIH et de la syphilis. »

Il n'y a pas de formation particulière pour exercer en milieu carcéral. Mais mieux vaut avoir suivi une formation sur la relation d’aide et avoir un minimum d’expérience.

Formation et expérience - En août 1996, elle intègre l’équipe de l’UCSA composée, entre autres, de 9 infirmières, un cadre de santé, une aide-soignante, 3 médecins généralistes, des spécialistes et un masseur-kinésithérapeute, recrutés sur la base du volontariat.

En tant qu’infirmière, Dominique Godard assure des soins généraux et d’urgence aux 600 détenus de la prison : surveillance des tensions, prises de sang, distribution des traitements, pansements, vaccinations, surveillance des grévistes de la faim. Les urgences sont  de tout ordre : bagarres, chutes, entorses, scarifications, ingestion de médicaments, tentatives de suicide...

Lors des consultations, les infirmières observent des règles de sécurité. Par exemple : toujours ranger les ciseaux ou ne pas laisser les armoires de matériaux et de médicaments ouvertes afin d’éviter les vols.

Nous avons aussi un rôle éducatif auprès des détenus, à travers des journées mondiales sur l’hygiène bucco-dentaire, la lutte contre le Sida, l’hygiène des locaux.

Depuis trois mois, avec une collègue, Dominique Godard assure l’éducation thérapeutique des patients diabétiques.

Conditions d’exercice-  Le milieu médical et le milieu pénitentiaire se côtoient en permanence et « lors de la mise en place des UCSA, obligatoires depuis 1994, ce n’était pas évident car certains surveillants ne comprenaient pas que l’on soigne des détenus », se souvient l’infirmière. Le secret médical est également mis à rude épreuve dans cet environnement où tout le monde est surveillé et contrôlé.

Nous travaillons dans un environnement fermé, ce peut être difficile. Nous n’avons aucune clefs et sommes dépendants des surveillants.

Relation soignant/soigné- Avec les détenus, « j’entretiens une relation de soignant à soignés, souligne-t-elle. Nous ne sommes pas là pour juger de leurs actes. » « Il faut être à leur écoute, précise-t-elle, Pour certains, venir à l’UCSA, c’est un moyen de sortir de leur cellule, on ne peut pas leur en vouloir."

En aucun cas, il ne faut entrer dans le conflit. Il faut savoir rester professionnel, tout en étant humain. 

Dominique Godard n’a jamais eu de problème avec les détenus, sauf de la violence verbale. « Mais je ne me laisse pas faire, témoigne-t-elle. Il faut avoir le sens de la répartie, et je ne laisse jamais repartir un détenu sans qu’il ne soit un minimum apaisé. » Les détenus sont d’ailleurs reconnaissants et adressent régulièrement des remerciements à l’équipe.

Dans quelques mois, la prison fermera ses portes et l’équipe médicale sera dissoute. « Cela va me manquer, confie Dominique Godard. J’ai 60 ans, j’aurais aimé finir ma carrière ici. C’est un pincement au cœur pour moi. »

Les questions bizarres de la rédac’

  • Votre situation familiale ? Divorcée, un fils.
  • Des loisirs ? La lecture, les promenades et la broderie.
  • Un livre, une expo ? Je lis beaucoup, les romans de Stephen King, Maxime Chattam, Eric-Emmanuel Schmitt.
  • Votre salaire net ? Environ 2300 euros net auxquels il faut ajouter 97 euros de prime de risque et 59,10 euros quand on travaille 10 heures le dimanche.
  • Votre moment préféré dans la journée ? Quand je rentre chez moi et que je me mets dans mon canapé avec un bon café.
  • Si vous exerciez un tout autre métier dans la fonction publique ? Je n’aurais pas exercé d’autres métiers dans la fonction publique. Par contre, j’aurais aimé être agricultrice ou professeure de gymnastique.
  • Réseaux sociaux, vous en êtes ? Pas du tout.
  • Un doudou numérique ? Non plus !

 

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