Absentéisme des enseignants : faciliter l'emploi de contractuels ?

Laure Martin • mis à jour le
DOSSIER : Devenir enseignant

La gestion des remplacements dans l'Education nationale est calamiteuse, dénonçaient deux sénateurs, dans un avis de novembre 2017. L'un des remèdes qu'ils préconisent : "professionnaliser" le recrutement des professeurs contractuels.Deux ans plus tard, leur avis restent pertinents.

Enseignant - Professeurs

Le remplacement des enseignants absents est mal organisé, ce qui coûte cher au contribuable et engendre de l'injustice sociale, dénoncaient deux sénateurs dans un avis déposé en novembre 2017.  Entre autres solutions, ils proposent de "professionnaliser" le recours aux enseignants contractuels remplaçants. 

Le constat : une défaillance "systémique" de la gestion des remplacements par l'Education nationale 

Dans le premier degré, 82,7% des absences sont remplacées. Autrement dit, un professeur absent sur cinq n'est pas remplacé, avec des écarts très importants suivant les académies.

Dans le second degré, moins de 20% des absences de moindre durée sont remplacées, si bien que la Cour des comptes parle d’une "défaillance systémique"

Ces écarts territoriaux dans la gestion des remplacements créent un sentiment d’injustice là où le remplacement est le moins assuré. Or, selon ces sénateurs, le potentiel de remplacement reste sous-utilisé – avec un taux de rendement de 72% – du fait de sa segmentation en brigades spécialisées selon le lieu ou la nature de l’absence à remplacer.

En France, dans le premier degré, un professeur absent sur cinq n'est pas remplacé, en moyenne. Avec des écarts importants suivant les académies...

Par ailleurs, constatent-ils, la formation continue des enseignants représente 6% des absences, soit l’équivalent du tiers des absences non remplacées. Ces "absences institutionnelles pèsent sur la continuité du service": elles représentent de 20% à 40% du besoin de remplacement de courte durée.

Pénurie d’enseignants : "professionnaliser" le recours aux contractuels ?

Un grand nombre d’académies connaissent une pénurie d’enseignants, le ministère ayant été incapable de pourvoir un grand nombre des postes qu’il a créés entre 2012 et 2017, estiment les sénateurs dans leur avis. Chaque année, un grand nombre de remplaçants sont affectés sur des postes à l’année.

Cette situation entraîne un recours accru aux contractuels pour assurer les remplacements. De fait, le ministère a engagé une démarche de professionnalisation du recrutement des contractuels. Elle doit être approfondie et les conditions d’accueil et de formation des contractuels améliorées.

Cependant, le recrutement de contractuels se heurte parfois à des barrières réglementaires et statutaires : impossibilité d’avoir recours à des enseignants retraités sans titre universitaire ou à des enseignants en disponibilité ou encore difficultés importantes du recours aux assistants d’éducation.

Mal organisé, le remplacement des enseignants coûte cher 

Selon les sénateurs Jean-Claude Carle et Antoine Karam, les défaillances du dispositif de remplacement des enseignants absents coûte cher à la France : 3,5 milliards d’euros, soit 5% des crédits de la mission "Enseignement scolaire", et l’équivalent de 50.000 emplois. "L’incapacité du ministère à assurer de manière satisfaisante le remplacement ne résulte pas d’un manque de moyens, mais d’un problème d’organisation du service, dans un système corseté et intenable", soulignent-ils.

 

Les remèdes au non-remplacement des profs : ce que disent les sénateurs

Face à cette situation, les sénateurs formulent 8 recommandations. 

  1. Mieux informer la représentation nationale sur le coût du remplacement.
  2. Mieux recenser les absences dans le second degré et leurs causes.
  3. Réduire les absences dues à l’institution, notamment par l’organisation des stages de formation continue et autres tâches institutionnelles en dehors du temps d’enseignement et pendant les vacances scolaires.
  4. Améliorer les conditions d’accueil, d’accompagnement et de formation des enseignants contractuels.
  5. Engager une démarche de réduction des obstacles statutaires et réglementaires au recrutement de remplaçants.
  6. Aligner la rémunération des maîtres délégués de l’enseignement privé sur celle des personnels contractuels de l’enseignement public.
  7. Définir, de manière explicite, un nombre annuel d’heures dû aux élèves dans chaque discipline pour préparer le diplôme devant sanctionner leur cycle d’études.
  8. Faire concorder les obligations de service avec la réalité du métier d’enseignant et des besoins du système éducatif : en intégrant le remplacement et la formation continue dans les missions statutaires des enseignants, par l’annualisation des obligations réglementaires de service des enseignants, par le développement de la bivalence dans le second degré.

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