A Grenoble, les agents formés au "parler bambin"!

Séverine Cattiaux • mis à jour le
DOSSIER : Les métiers de la petite enfance

Puéricultrices, agents d’entretien, cuisiniers... Ici, tous les personnels de la sphère petite enfance sont formés au "parler bambin" . Une façon de parler avec les tout-petits pour les inciter à s’exprimer. Objectif de la ville de Grenoble : lutter précocement contre l’échec scolaire.

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Le "parler bambin", enjeu d’égalité dans la réussite à l'école

C’est pour lutter contre l'échec scolaire que ville de Grenoble se lance dans l’aventure. De 2008 à 2012, tous les professionnels grenoblois sont formés : agents d’entretien, cuisiniers... et autres interlocuteurs habituels des enfants.

"Des études scientifiques ont montré qu'un retard de langage avant 3 ans est difficile à combler.  A 5 ans, un tel retard peut se révéler pénalisant par la suite. Il existe une corrélation entre le développement précoce du langage oral, la maîtrise de l’écrit à l’école élémentaire et les compétences pour s'exprimer par écrit ou par oral à l’âge adulte", explique Aline Chévit, coordinatrice du projet "Parler bambin", adjointe à la direction d'action sociale Petite Enfance à Grenoble.

Des ateliers "parler bambin" pour les professionnels  de la petite enfance"

Les professionnels grenoblois sont aujourd’hui rodés. Ils sont néanmoins toujours suivis par une équipe de formateurs. "Nous maintenons la dynamique, faisons des piqûres de rappel... indique Aline Chévit. Nous avons un regard sur tout ce qui se passe, nous accompagnons les directrices des crèches, en termes de management, dans le portage du projet. "

Dans toutes les crèches de Grenoble, des temps (15 minutes, 3 fois par semaine) sont consacrés aux "ateliers parler bambin". Ils sont conduits par les éducatrices de jeunes enfants, les auxiliaires de puériculture et les titulaires de CAP Petite enfance. Les professionnels s’appuient surtout sur les imagiers pour inciter les tout-petits à montrer dans un premier temps, à défaut de parler… Le nombre d’enfants suivis est plus important dans les secteurs où les populations sont les plus vulnérables. Chaque enfant est suivi dans ses progrès, grâce à des fiches de vocabulaire.

Des parents associés à l'apprentissage de leurs petits

L’une des clés de la réussite du "Parler bambin" est la "la coopération avec les parents en les impliquant". "Certains parents pensent que les bébés ne comprennent pas", dit Aline Chévit. "Si, bien sûr qu'ils comprennent, s'exclame-t-elle. Nous leur expliquons : il faut parler avec son bébé, il répond en babillant… il prépare ses premiers mots…". Quand les enfants sont plus grands, les professionnels attirent les parents sur le fait qu’"il a dit tel mot, qu’aujourd’hui il s’est intégré au groupe, qu’il est venu vers nous…"

Les professionnels prêtent également des livres aux familles. Sans oublier de souligner : "Vous allez voir quel plaisir on peut avoir en regardant un livre ensemble…". Ces petits gestes incitent parfois les parents à aller à la bibliothèque, tout naturellement.

Un apprentissage venu des Etats-Unis

Michel Zorman, père du "parler bambin"

L’initiateur du "parler bambin" s’appelle Michel Zorman, directeur du Centre de santé de l’université de Grenoble, chercheur et médecin clinicien (décédé en mars 2013). Il s’est inspiré de pratiques venues du continent nord-américain, qu’il a expérimentées d’abord dans une école. "Il nous a convaincus de l'intérêt demettre en pratique le Parler bambin dans nos crèches, en termes de prévention précoce et de prévention de la lutte contre l’échec scolaire", explique Aline Chévit, coordonnatrice du projet à Grenoble.

 

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