10 phrases à éviter lors de l'entretien d'embauche

Séverine Cattiaux • mis à jour le
DOSSIER : L'entretien d'embauche dans la fonction publique

Il faut être sincère en entretien d'embauche. Mais il ne faut pas "tout dire"... Sous peine d'être recalé vite fait ! Vous avez peut-être vous-même prononcé l'une de ces 10 phrases "qui tuent" toute chance d'être embauché...

Recrutement

Attention à ce que vous dites en entretien d'embauche ! Certaines remarques, réponses ou questions sont particulièrement malvenues. Elles sapent en un claquement de doigt toute votre crédibilité.

Pardonnez mon retard, c'est à cause des bouchons monstrueux...

Difficile de débuter plus mal un entretien d'embauche! Arriver en retard à ce type de rendez-vous est impardonnable au yeux de la plupart des recruteurs. Ceux-ci vous rétorqueront qu’il vous incombe d’anticiper des problèmes de transport (que tout le monde subit, qui plus est !), quitte à camper tout près du lieu de l'entretien. Invoquer de vulgaires bouchons, c’est faire hara-kiri. Faites profil bas ou invoquez un événement exceptionnel en guise d’excuse.

Dans quel secteur êtes-vous, déjà ? Je n'ai pas bien compris...

Votre "curiosité" va faire tiquer votre interlocuteur... Elle arrive en effet un peu tard ! C'est avant le rendez-vous qu'il fallait vous documenter sur votre futur environnement de travail, le poste proposé, la politique de l’employeur, ses projets, etc. 

Mais la curiosité n’est pas un vilain défaut. Au contraire! Les recruteurs le pensent aussi quand vos questions, pertinentes, montrent que vous avez bien étudié l'environnement professionnel que vous voulez intégrer.

 

Je suis, évidemment, le meilleur candidat... LA personne qu'il vaut faut pour ce poste !

Gare, vous passez pour un(e) horrible prétentieux (se), que tout le monde va fuir dans le service. Les recruteurs l'imaginent déjà... tandis que se réduisent vos chances d'accéder au deuxième entretien. Mais c’est ainsi, vous n’y pouvez rien, quand votre taux d'adrénaline grimpe, il faut toujours que vous en fassiez des tonnes pour évacuer le stress. Un peu de yoga vous ferait le plus grand bien.

Dans tous les cas, ne dites pas "je suis le meilleur" : prouvez-le, en exposant des missions et projets que vous avez conduits à terme. Vous devez amener habilement le recruteur à penser tout seul que vous êtes le meilleur... 

J'ai, financièrement parlant, besoin de cet emploi.

Votre sincérité pourrait vous coûter cher. Ne comptez pas sur les recruteurs pour s'apitoyer sur votre sort. Non pas qu'ils manquent d'empathie, eux aussi ont besoin de leur salaire pour vivre. Mais en quelques secondes, vous venez de briser leurs illusions. Mettez-vous à leur place, ils s'attendent à recevoir des candidats mus par la perspective d'intégrer leurs "formidables" équipes et capables de se dépenser sans compter pour atteindre les objectifs. 

Le salaire n'en est pas moins un sujet sérieux, qu'il vous faudra aborder lors de l’entretien, notamment si le montant n'est pas mentionné dans l'offre d'emploi. Passez tout en revue : les primes, le véhicule de fonction, la mutuelle, etc. De préférence, attendez que le recruteur vous tende la perche. Sinon, à vous de lancer le sujet, en fin d'entretien.

> Lire aussi Pouvoir d'achat des fonctionnaires : les plus de l'action sociale (les agents publics n'ont pas de comité d'entreprise, mais ils ont l'action sociale) 

Cela s'est très mal passé dans mon ancien poste, mon chef était acariâtre, l'ambiance était épouvantable.

Vous avez occupé un poste équivalent à celui auquel vous postulez, pendant seulement six mois… Reconnaissez que vos recruteurs ont de quoi s’interroger.  Et vous êtes en train de leur expliquer que le problème venait de votre chef et de l’ambiance… Primo, c'est vous qui le dites, rien ne le prouve. Deuzio, votre futur chef et son adjoint, face à vous, risquent de ne pas apprécier votre charge contre la catégorie hiérarchique à laquelle ils appartiennent.

Comment parler de cette mauvaise expérience ? Evacuez avant tout l'amertume que vous ressentez. La bonne attitude consiste à prendre de la hauteur, à aborder cette courte expérience sans affect, en tirant le positif. Si, si... Cherchez bien.


Je vais essayer de relever ce défi...

Votre modestie vous perdra. Commencez par bannir le verbe "essayer" de votre vocabulaire, car ce terme implique une possibilité d'échec, ce qui n'est pas du goût des employeurs. Même si la plupart de ceux qui vont "essayer" font l'impossible, en réalité, pour réussir, "ce verbe dénote un manque de confiance en soi, ce qui n’est pas de bon ton dans un entretien d’embauche. 

J'aurais dû suivre cette formation !

La phrase vous a échappé, comme un aveu d'échec. Vous vous êtes senti pris en faute quand le recruteur note que vous n'avez pas suivi  la formation lambda comme 90% des professionnels de votre secteur. Assumez votre parcours et votre différence, plutôt que d'exprimer des regrets. Au contraire, vous avez dans vos bagages d'autres acquis, soulignez-les. Si cette formation apporte toutefois un plus à votre palette d'outils, à vous d’en juger, répondez par exemple que "dans le futur, vous avez bien l'intention de vous former à ce process, à cette pratique, etc." Les recruteurs apprécient que leurs futurs collaborateurs manifestent la volonté de progresser, d’aller toujours de l'avant...


Mon défaut ? Je suis perfectionniste...

Ah tiens, vous aussi, comme le candidat précédent ? Le défaut tarte à la crème dont souffrent des légions de candidats à l’embauche. Dur. Un défaut qu'il est toujours préférable d'avouer, plutôt que d'avouer que vous êtes un râleur invétéré! Pour autant, pourquoi ne pas évoquer votre vraie nature. Oui, vous savez bien, votre caractère bien trempé qui, de toute évidence, n'a pas échappé à vos interlocuteurs...

Expliquez brièvement en quoi ce caractère bien trempé vous a servi dans certaines situations pour prendre des risques qui se sont avérés payants dans votre travail. Les recruteurs pourraient bien vous regarder comme un futur leader...


Je fonctionne beaucoup à l'intuition.

C'est ce que vous avez répondu du tac au tac à la question : "Comment vous décidez vous entre deux logiciels qui ont le même usage?" Sachez que, dans le monde professionnel, l'intuition relève pour ainsi dire du domaine de l'ésotérisme. Elle est rarement bonne conseillère au service finance, ou même dans un service social. Les recruteurs lui préfèrent la rigueur, l'expérience, l'argumentation... Quand on ne sait pas se décider, on peut aller chercher conseil auprès de ses pairs ou de ses supérieurs.

Je fais partie des 10 meilleurs joueurs de Fortnite !

Oui et vous en passez des heures devant votre ordinateur pour maintenir ce niveau d'excellence. D’où les cernes que vous avez lors de votre entretien d’embauche peut-être ? Malheureusement ce n'est pas votre jour de veine. Car s'il y a une chose qui horripile votre recruteur, ce sont ces adultes qui dilapident leur temps devant leur écran. Le recruteur vous a déjà catalogué comme un être associable, à tort, certainement.

Ce n'est pourtant pas une tare d'être un passionné de jeux en ligne. Mais si votre hobby ne colle pas vraiment avec votre futur univers professionnel, mieux vaut ne pas le mentionner. D'une manière générale, parlez de vos loisirs avec tact, et seulement si le sujet est abordé...

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