Reconversion : devenir commissaire de police

Séverine Cattiaux
DOSSIER : Connaître la fonction publique

Après avoir travaillé quelques années dans le secteur bancaire, Fiona Manenc a ressenti une irrépressible envie de changer d’univers pour se « sentir vraiment utile » dit-elle. Elle est devenue commissaire de police.

Fiona Manenc Commissaire de police à Annecy (Haute-Savoie)
A l’âge de 30 ans, Fiona Manenc vient d’embrasser une deuxième carrière professionnelle. En juillet 2019, elle a pris ses nouvelles fonctions, en tant que commissaire adjointe de police en sécurité publique à Annecy (Haute-Savoie). « C’est un métier où je trouve du sens. Je sais à quoi je sers : à arrêter des délinquants et sécuriser les gens et la ville », déclare la jeune commissaire, avec conviction.
 

Découvrir le métier pour ne pas se tromper

 
Bien décidée à changer de métier, la jeune femme n’a pas traîné pour se reconvertir et s’en est donné les moyens. En trois ans, elle passe d’un emploi de cadre dans une banque à celui de commissaire de police. Un congé sabbatique d’une année lui permet de préparer le concours externe au sein d’une prépa spécialisée. A savoir, il existe aussi une classe de préparation au concours intégrée dans l’école nationale de police, ouverte à seulement 15 à 20 personnes externes  chaque année. « L’avantage de ce type de prépa est de côtoyer des professionnels », souligne Fiona Manenc.
 
Comment vérifier qu’on a bien des atomes crochus avec le métier de commissaire, quand on vient d’un univers tout autre que celui de la police ? Demeure la possibilité de faire la demande d’un stage de découverte dans un commissariat, en justifiant sa préparation au concours. L’option qu’a choisie par Fiona Manenc.
 
 

Trois ans minimum pour se reconvertir

 
Cinq épreuves écrites et des épreuves orales dont une mise en situation attendent les candidats au concours de commissaire de police. Quant aux épreuves sportives, elles sont éliminatoires. Il faut ainsi être en très bonne condition physique pour réussir au mieux la course d’obstacles, le parcours chronométré, etc. « Il n’y a pas beaucoup de places de commissaire (entre 25 et 35 par an), il faut beaucoup travailler pour réussir le concours, conseille Fiona Manenc. Mais c’est faisable. Personnellement, je n’avais jamais fait de droit et cela n’a pas été un obstacle».  Une fois reçus au concours, les élèves commissaires se forment ensuite pendant 22 mois à leur futur métier. 
 

Il faut aimer les responsabilités, manager une équipe et être très débrouillard 

Un métier très humain 

 
Les qualités pour devenir commissaire ? « Il faut aimer les responsabilités, manager une équipe et être très débrouillard », répond la jeune commissaire qui dirige aujourd’hui une équipe de 145 personnes. Au quotidien, elle doit en effet se frotter à bon nombre de questions ayant trait à la gestion des ressources humaines. Affecter les agents dans les services, veiller à la dynamique de groupe, à l’évolution des carrières et régler les problématiques périphériques au travail font partie de ses missions. « Un agent qui ne sera pas bien dans sa vie privée, ne l’est pas non plus au travail », explique-t-elle.
 
Le fait d’être une femme ne lui semble ni être un avantage, ni un inconvénient. « Il y a autant de commissaires que de personnalités. C’est la compétence qui prévaut avant tout », considère-t-elle. En outre, le métier tend à se féminiser. Dans la promotion des lauréats du concours externe, la moitié des recrues étaient des femmes. 
 
 

Deux réunions par jour pour garder le cap

 
Les journées de travail d’une commissaire ne se ressemblent pas, ce qui n’exclut pas un certain rituel. Quand elle arrive à l’hôtel de police, la commissaire fait le point avec le chef de poste pour s’enquérir des gardes à vue. Elle fait le tour des bureaux pour saluer les agents et faire le point sur les différentes affaires. Elle consulte ensuite ses mails, prend connaissance des faits marquants survenus la nuit : interpellations, opérations de contrôle, remontées d’information de toute nature… Puis, elle extrait les données de « la main courante », soit l’ensemble des faits rapportés par des personnes venues au commissariat. Même s'ils revêtent parfois une certaine gravité, ces faits ne peuvent pas en l’état donner lieu à une plainte, mais offrent un état des lieux de la situation.
 
Matin et soir, l’équipe de direction se rassemble pour caler le planning de la semaine, établir les priorités, etc. Cette équipe rassemble le commissaire divisionnaire, la commissaire, ses deux commandants (l’un attaché au service de la voie publique, l’autre à la partie judiciaire) et la chef de l’Etat major qui chapeaute la communication. 
 

On est responsable de la coordination et de l'emploi des forces, qui sont sous nos ordres

Superviser et participer aux opérations de terrain

 
Parmi ses missions, la commissaire doit s’arranger pour constituer les équipes d’interventions sur le terrain, et donc anticiper le déploiement des agents qui devront intervenir le jour J, en fonction des plannings, des absences, du concours de la police municipale, ou pas. Lors des grosses opérations en particulier de maintien de l'ordre, et d’une manière générale, cette cadre de la Police se tient en première ligne : « On est responsable de la coordination et de l'emploi des forces, qui sont sous nos ordres ».
 
Lors des événements graves, incendies, accidents, ou de rassemblement de foule, elle se trouve souvent sur place. Il lui arrive également de participer aux patrouilles et opérations de contrôles plus classiques. « Cela permet par la même occasion de montrer qu’une action est importante et de mieux connaître les gens avec qui on travaille », commente-t-elle. La commissaire est également tenue de s’assurer de l’évolution des enquêtes de police (démantèlement de trafic de drogue, et de réseau de prostitution, etc.) et d’octroyer des moyens humains et matériels en fonction des besoins.
 

Grande disponibilité 

 
C’est un métier où la réactivité est de rigueur. La commissaire est joignable jour et nuit. A cela s’ajoutent des week ends de permanence où elle peut intervenir sur tout le département. « On doit être disponible, car lorsqu’il faut prendre une décision, c’est vers nous que l’on se tourne. On doit savoir trancher ». Les collectivités, la Justice, la Préfecture, les transports publics, la police municipale, sont autant de partenaires avec lesquelles elle va régulièrement échanger. 
 
 

Evolution de carrière

 
 
Plus un(e) commissaire avance dans sa carrière et gagne en expérience, plus il ou elle est en mesure d’occuper des « postes à risque » ou couvrant de grandes circonscriptions. Après quelques années d’ancienneté et quelques mobilités, le commissaire adjoint pourra passer commissaire divisionnaire.
 

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