Fonction publique : le défi du vieillissement des agents publics
Les agents publics vieillissent, et les administrations avec eux. Plus d’un quart des effectifs ont aujourd’hui au-delà de 55 ans, selon un rapport de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) publié en 2025. Un constat qui pose question : comment maintenir la qualité du service public tout en préparant la relève ?

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Une fonction publique qui prend de l’âge
Dans les pays de l’OCDE, l’âge médian de la population active sera de 44,5 ans en 2050. La France suit la tendance et sa fonction publique vieillit plus vite encore que le reste du marché du travail : elle concentre davantage d’agents seniors, parfois âgés de plus de 60 ans dans des postes clés. Cette évolution a pour conséquence de freiner la mobilité interne et de rendre plus difficile le renouvellement des compétences. La question n’est plus de savoir si le choc aura lieu, mais comment s’y préparer.
Des départs massifs à anticiper
La vague de départs à la retraite prévue d’ici quinze ans a de quoi préoccuper. À mesure que les agents expérimentés quittent l’administration, ils emportent avec eux des savoirs essentiels à la continuité du service public. Et l'OCDE déplore que la transmission ne soit pas toujours organisée. Peu de dispositifs existent pour capitaliser l’expérience ou encourager le mentorat entre générations. Pour l’Organisation, il est urgent d’adopter une gestion prévisionnelle des emplois et des compétences (GPEEC) qui prenne en compte le vieillissement. Sans cela, jusqu’à 30 % des compétences essentielles pourraient disparaître dans certains métiers techniques d’ici 2035. « Une cartographie précise des savoirs clé devient indispensable », exhorte l'OCDE.
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Vieillissement des agents publics : former, transmettre, valoriser
Les agents de plus de 50 ans continuent de se heurter à des freins bien connus : formations moins accessibles, mobilités rares, stéréotypes persistants. On les dit moins adaptables, moins à l’aise avec le numérique. Résultat : les carrières stagnent et la motivation s’érode.
Comment inverser la tendance ? Pour l'OCDE, le maintien de la performance collective tient en trois mots : former, transmettre, valoriser. L’OCDE invite les administrations à repenser leurs politiques RH autour d’une gestion inclusive des âges : mobilité horizontale, parcours adaptés, aménagement des fins de carrière, lutte contre l’âgisme. « Les organisations qui ont mis en place ce type de démarches retiennent davantage les seniors », rapporte l'OCDE. Elles observent aussi une baisse sensible du taux de démission des jeunes.
Agents seniors : le défi du numérique
L’accélération technologique accentue encore les écarts. Seuls 24 % des 55-65 ans suivent une formation liée à l’emploi, contre 41 % des 45-54 ans, selon l’OCDE. En Europe, plus d’un senior sur deux manquent de compétences numériques de base. Sans accompagnement, le risque est double : exclusion et perte de confiance. Des formations courtes, pratiques, des modules en ligne ou du tutorat individuel peuvent aider à maintenir les seniors dans la course. Mais au-delà des outils, c’est une culture à faire évoluer : celle d’un apprentissage continu, à tous les âges de la vie professionnelle.
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Source
Faire face au vieillissement de la fonction publique grâce à des politiques ciblant les agents seniors, documents d’orientation sur la gouvernance publique de l’OCDE n°78.
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