Devenir ingénieur technicien du trafic routier, comme Roland
Mieux vaut ne pas être daltonien pour devenir traficien : ce fonctionnaire territorial programme la durée des feux tricolores. C’est lui qui organise et maintient la fluidité de toute la circulation routière en ville. Un métier absent des dictionnaires !
Depuis le poste central de régulation, le traficien observe l’évolution de la circulation en ville. Le PC est un grand ordinateur qui centralise toutes les informations du trafic routier. Il permet de visualiser sur des écrans le rythme des flux de véhicules au passage des feux tricolores.
La ville de Grenoble compte trois traficiens, qui surveillent 150 carrefours reliés au PC. Roland Blanc, 54 ans, est le plus expérimenté du trio. Ce qui lui plaît dans ce métier qu’il exerce depuis vingt-sept ans, "c’est d’avoir une certaine autonomie, dans le respect des règles, bien sûr, lance-t-il, et de voir les résultats de mon travail.'"
Traficien : surveiller et réguler le trafic
Aux heures de pointe (7 h-9 h, 16 h- 19 h), le traficien est aux aguets. Pour visualiser d'un coup d’œil l’ensemble des carrefours reliés au PC, il utilise un logiciel de supervision.
"Avec notre système, nous pouvons réagir rapidement", assure Roland Blanc. Si les voitures ralentissent excessivement, l’encombrement est anormal. Il faut agir. Le traficien jette un regard à la caméra de surveillance, placée près du carrefour problématique. Histoire de vérifier qu’il ne s’agit pas d’un accident. Si ce n’est pas le cas, il lui suffit d’augmenter le temps des feux verts, par exemple, pour mettre de l’huile dans les rouages. Il peut aussi décider de favoriser la circulation des transports en commun (bus et tramways).
Assurer la maintenance
Lorsque la circulation lui laisse un peu de répit, le traficien répare les équipements défaillants et recherche les causes des pannes non encore élucidées. "Depuis le PC, on récupère tous les dysfonctionnements, remontés par les automates placés dans les feux", explique Roland Blanc. Il ne change pas les ampoules des feux tricolores, travail qu’assurent d’autres agents de la ville. "Nous allons sur place si le dysfonctionnement est lié à la programmation informatique des feux ou à des problèmes réseaux sur des switches", poursuit-il.
La nuit, un agent est d’astreinte. "Il y a des sécurités prévues par les automates (puces à l’intérieur du feu tricolore) qui vérifient que les temps des feux sont respectés... Le cas échéant, les feux se mettent à clignoter."
Il faut connaître les algorithmes
En cas d'événements ("piétonisation" d’un secteur de la ville, fermeture d’une bretelle de l'autoroute, travaux qui vont avoir des répercussions sur la circulation), le traficien élabore des itinéraires alternatifs de circulation. Il doit parfois modifier le fonctionnement des feux. Le traficien doit alors concevoir des petits programmes à base d’algorithmes. Et se rendre ensuite sur la voirie, pour "injecter" les nouveaux schémas de circulation, grâce à son ordinateur portable, dans les "contrôleurs" (armoires informatiques situées près des carrefours).
Pas de formation initiale de traficien
Il n'existe pas d’école pour devenir traficien. Roland Blanc possède un DUT Génie civil. Ses collaborateurs arrivés plus récemment au PC, n’ont également pas de diplôme spécifique. En revanche, ils ont tous deux un solide bagage en électronique et, pour l’un d’eux, en automatisme également.
Roland Blanc a appris le métier auprès du collègue "qui l’a recruté". "J’ai suivi aussi une formation avec le CNFPT (Centre national de formation des fonctionnaires territoriaux), une autre à l’école des Ponts et Chaussées", indique-t-il. "Les entreprises qui ont développé les logiciels de supervision et les bureaux d'études dispensent également des formations", ajoute Roland.
Le salaire (on dit "traitement" pour les fonctionnaires) du traficien dépend de son grade, technicien ou ingénieur, dans la fonction publique territoriale.
Ces offres d'emploi peuvent vous intéresser
Les autres articles du dossier : Travailler dans le bâtiment et les travaux publics
- Estelle Walter : « Les techniciens territoriaux sont les acteurs de la transition »
- Nathalie, cheffe de projet bâtiment, rénove bâtiments municipaux et églises
- Claire, chargée d’études voirie, rénove les routes et ponts de Corrèze
- Architecture : le dessinateur-projeteur imagine la ville de demain
- Devenir chargé de mission « qualité de l’air-climat », comme Clément
- Les agents de la ville de Paris trouvent du coronavirus dans l’eau non potable
- Urbanisme : des recrutements à prévoir
- La RATP recrute des ingénieurs
- L'Ifsttar recrute des ingénieurs, des techniciens et un juriste !
- Recrutements à la RATP : 234 métiers, 3.000 nouveaux postes
Offres d’emploi en lien avec l’article
Agent d'exploitation fluvial (H/F)
Titulaire, Contractuel | 22/11/2024 | CONSEIL DEPARTEMENTAL DE CHARENTE MARITIME
RESPONSABLE DU POLE DECHETS H/F
Titulaire, Contractuel | 22/11/2024 | CC THELLOISE
Technicien de bâtiment H/F
Titulaire, Contractuel | 22/11/2024 | ENSAD
Chargé d’opérations de travaux H/F
Titulaire, Contractuel | 22/11/2024 | ENSAD