Devenir Data Scientist ou Chief digital Officer

Julie Krazowsky • mis à jour le
DOSSIER : Les métiers de l'informatique

Ce sont deux professionnels des big data qui travaillent souvent ensemble dans les directions de l'information, du numérique et de l'innovation des recruteurs publics ! Des profils encore rares, et que les employeurs s'arrachent. Explications.

Informatique

Ce sont deux métiers du digital, à la croisée de la communication et de l'informatique, promis à un bel avenir dans la fonction publique! Le Data scientist est responsable de la gestion des big data, ou "données massives". Le Chief digital officer, lui, orchestre la transition numérique et la stratégie digitale d’une entreprise ou d’un service. 

Le Data scientist 

A mon avis, ils [les Data Scientists] sont à moitié pirates, et à moitié analystes. Ils utilisent les données pour créer des produits et trouver des idées. C'est la rencontre de Christophe Colomb et de l’inspecteur Columbo : les yeux éclairés d’un explorateur et la perspicacité d’un détective. Monica Rogati (Linkedln) 

En janvier 2017, le site de recherche d’emploi Glassdoor place le Data scientist en première position de son top 25 des meilleurs métiers du monde. Ce spécialiste des chiffres combine trois compétences :

  1. une expertise statistique et informatique,
  2. une connaissance des bases de données et de l'informatique,
  3. une expérience métier.

Son action contient une forme de "créativité" qui le distingue du pur statisticien, car il doit être capable d'imaginer de nouveaux modèles d'analyse pour traiter des données brutes et hétérogènes qui ne peuvent pas être analysées à l'aide d'outils classiques.

Les statisticiens avec une casquette de développeur et des capacités en codage sont des profils de plus en plus recherchés.

> Si l'on consulte le website "Est-ce que les robots prendront mon job?", on voit que le métier de Data scientist serait "Totaly safe", avec 1,5% de risque d'être remplacé par des machines, et une croissance de 11% d'ici 2024 (voir la capture d'écran).

Que fait ce professionnel du digital ? En un mot, le Data scientist croise les données de différentes sources dispersées entre les services et départements d'une organisation. Il assure une fonction transversale.

Recherché par toutes les grandes entreprises privées, il est aussi très courtisé par les recruteurs du secteur public.  Le domaine du renseignement militaire par exemple. "Il n’existe pas vraiment de filière de Data scientist au sein des armées. Mais nous faisons face à des besoins en informatique qu’on ne soupçonnait pas. Des besoins liés à l’accroissement des données que nous recueillons", assure l’un des responsables RH de la direction du renseignement militaire. 

Cet organisme dispose en effet d’architectures de stockages particulières regroupant un ensemble de données de terrain, qu’il faut ensuite analyser en y adaptant des algorithmes et des modèles statistiques. "Ce flux torrentiel d’informations nous oblige à une adaptabilité permanente." 

La direction augmente ainsi ses capacités internes sur deux postes : des techniciens bac+3 avec des compétences système et réseaux et des Data scientists chargés de modéliser, structurer et analyser les données.

D'autres administrations de l’Etat recherchent également ces métiers du digital. L'essor des Data Sciences est, en effet, un phénomène récent. "Les statisticiens avec une casquette de développeur et des capacités en codage sont des profils de plus en plus recherchés. Nous en avons quatre chez Etalab qui interviennent dans les administrations", commente Laure Lucchesi, directrice de cette mission intégrée à la direction interministérielle du numérique et du système d’information et de communication de l’Etat (DINSIC).

Dans cet univers, le Data scientist peut être amené à prévoir des outils d’aide à la décision, à travailler sur des modèles prédictifs pour prévenir les vols de voitures dans un département en lien avec le ministère de l’Intérieur, etc.

Les métropoles sont également très demandeuses de ce nouveau profil, pour lequel il n'existe pas encore de référentiel métier. La métropole de Lyon a ainsi recruté un Data Scientist, sur lequel elle veille jalousement, des recruteurs privés et publics ont déjà tenté de le débaucher... (lire ci-dessous l'encadré sur l'article que consacre LaGazette à ce métier).

La métropole de Lyon recrute et chouchoute son Data scientist

 
Pourquoi recruter un Data Scientist ? Pour exploiter toutes les "données" (big data) produites par les différents services de la métropole (59 communes), dans un objectif d'efficience du service public et d'innovation territoriale.
 
Le Data Scientist "gère la collecte, l’organisation et la valorisation des 900 jeux de données accessibles à tous sur data.grandlyon.com". Ce faisant, il ouvre le champ des possibles en matière de création de nouveaux services fondés sur l’usage de la donnée", explique LaGazettedescommunes.com, dans son article consacré à cette expérience de recrutement.
 
Cinquante candidats se sont présentés à l'offre d'emploi de la métropole, et c'est le stagiaire ayant "jeté les bases du big data dans la métropole" qui a été choisi. Alessandro, c'est son nom, est rattaché à la nouvelle direction de l’innovation numérique et des systèmes d’information (Dinsi). Il une fonction évidemment transversale, puisqu'il est associé à tous les projets métropolitains impliquant la donnée.
 
Selon la Chief Data Officer de la métropole de Lyon, les data scientist seront de plus en recherchés dans le secteur public. Alessandro, le DS de la métropole de Lyon, a un master spécialisé en systèmes d’information et réseaux de communication après un cursus dans les sciences de la communication. 
 
 
La Chief Data Officer interviewée par LaGazette dit prendre grand soin de sa nouvelle recrue. D'autres collectivités et des entreprises privées auraient déjà essayé de le débaucher.
 

 

 

Le Chief digital officer

Dans le secteur public, le Chief officier accompagne la transformation numérique d’une administration de l'Etat ou de l'hôpital public, une collectivité territoriale ou un établissement public local.

Egalement manager, le Chief digital officer accompagne la transformation numérique d’une administration de l'Etat ou de l'hôpital public, une collectivité territoriale ou un établissement public local.  

C’est un métier encore peu répandu en France. Il émerge progressivement dans le secteur privé comme dans le secteur public, notamment dans la fonction publique de l'Etat.

Les ministères de l’Intérieur et de l’Ecologie ont intégré cette fonction. Le ministère de la Santé également, en le rattachant à la direction des statistiques.

Faisons, ici aussi, un petit pas de côté récréatif pour interroger le website "Est-ce que les robots prendront mon job?". Réponse (voir la capture d'écran ci-contre) : le risque d'être remplacé par les robots est de 3,5% et le métier de Chief digital officer affiche une belle progression de 15% d'ici à 2024 !

A la Direction du renseignement militaire, le Chief digital Officer encadre la gestion de la sécurité des données.

"C’est une fonction qui implique de réfléchir à l’organisation des données. Chez nous, ce poste relève du management de l’information. Le Chief data Officer pilote et priorise les actions",assure un responsable RH de la DRM.

Une compétence qui dispose de formations dédiées comme le diplôme d’ingénieur ou master (Bac+5) en Data science. Les masters en mathématiques, informatique ou télécoms y mènent tout autant.

Dans la fonction publique territoriale, l'intitulé Chief digital officer concerne des emplois d'administrateur systèmes et bases de données, de chargé de support et services des systèmes d’information ou encore de directeur des systèmes d’information.

 

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