Marine nationale : 3.500 postes à pourvoir !

Séverine Cattiaux • mis à jour le
DOSSIER : Militaires et civils : les métiers de l'armée

Embarquement immédiat, avec ou sans diplôme. Chaque année, la Marine nationale propose de 3.500 à 4.000 postes à des jeunes. Du niveau troisième à Bac+5, bienvenus à bord : vous serez formés à l'un des cinquante métiers de la Royale.

Marine et terrorisme

Chaque année, la Marine nationale recrute environ 3.500 jeunes, avec ou sans diplôme. Ces jeunes âgés de 16 à 30 ans deviendront des marins timoniers, des électrotechniciens sous-mariniers, des spécialistes en énergie nucléaire, des cuisiniers, des informaticiens, des fusiliers marins, des marins de l'air, etc. Cette armée compte en effet une cinquantaine de métiers, répartis entre cinq univers : 

  1. les sous-marins,
  2. les navires de combat et de soutien (bâtiments de surface),
  3. les fusiliers-commandos
  4. l'aéronautique navale (les "marins du ciel")
  5. et, très important, le personnel de soutien.

QUATRE PALIERS D'INTEGRATION DANS LA MARINE

Selon votre niveau d'études et votre expérience, vous commencez votre carrière de marin comme
  • mousse (aucun diplôme, de 16 à 18 ans),
  • matelot de la flotte (aucun diplôme à bac, de 16 à 30 ans),
  • officier marinier (de bac à bac+2, de 17 à 30 ans)
  • ou officier (à partir de bac+3, de 17 à 30 ans). 

 

S’engager dans la Marine nationale, c’est apprendre un métier dès l'incorporation, puis bénéficier de passerelles pour monter en compétences, grimper dans la hiérarchie et, le moment venu, se reconvertir au sein de l'armée même, dans la fonction publique ou dans le secteur privé. La reconversion des militaires est particulièrement bien organisée et efficace.

Partir en opération en mer, c'est un mode de vie qui conjugue hyper-technologie et hyper-rusticité, ce qui est très intéressant.

La capacité de la Marine à intégrer un jeune dans un collectif constitue l’une de ses forces. En retour, elle attend qu'il adhère aux valeurs militaires et citoyennes, servir son pays et l'intérêt général. 

Pourquoi s'engager dans la Marine ?

"Certains nous rejoignent avec une idée précise, ils sont attirés par un métier particulier ou par l'aspect militaire de la vie de marin, témoigne le capitaine de corvette Olivier R., du service de recrutement de la Marine nationale. "Mais les deux tiers des candidats sont attirés par la vie de marin, en tant qu'expérience atypique, précise-t-il. Partir en opération en mer, c'est un mode de vie qui conjugue hyper-technologie et hyper-rusticité, ce qui est très intéressant."

La marine recrute et forme environ 220 mousses, 1.600 quartiers-maîtres et matelots de la flotte, 1.100 jeunes officiers mariniers, 200 officiers sous contrat et 75 en CDI qui font l'Ecole navale, après leurs études supérieures. Les équipages sont jeunes. La moyenne d'âge se situe entre 28 et 30 ans.

Un contrat de quatre à dix ans - La plupart des recrues sont embauchées sous contrat d'une durée renouvelable de quatre, six ou dix ans. Le mousse, le quartier-maître et le matelot de la flotte signent un contrat qui les engage pour au moins quatre ans. L’officier marinier s’engage, lui, pour six ou dix ans, et l’officier pour quatre ans au minimum. 

Environ 15% de femmes dans les équipages 

Tous les métiers des navires de la Marine sont ouverts aux femmes depuis 1993 "Si vous allez sur un bateau, vous verrez des jeunes femmes dans les équipages", assure le capitaine Olivier R. De fait, la Marine voudrait séduire davantage de femmes. Les sous-marins de type Barracuda ont été conçus pour recevoir du personnel mixte, Mais aujourd'hui, seuls 15% des effectifs sont féminins.

Les futurs sous-marins Barracuda sont conçus pour recevoir du personnel mixte... 

La Marine, actrice de la formation des jeunes

Quel que soit leur niveau d'études, les jeunes marins sont tous formés dès leur arrivée. "La Marine est actrice de la formation, avant d'être actrice de l'emploi des jeunes. La clé d'attribution des métiers à tous les niveaux de recrutement, c'est la formation", souligne le capitaine de corvette Olivier R.

Les deux tiers des jeunes sont attirés par la vie de marin, en tant qu'expérience atypique. Partir en opération, c'est un mode de vie qui conjugue hypertechnologie et hyperrusticité.

Apprendre un métier de A à Z - Si vous êtes de nationalité française et si vous savez nager, vous serez le bienvenu. "Nous sommes en capacité de former nos recrues dans tous les domaines: la cuisine, la mécanique, l'aéronautique...", indique-t-il. La formation de l’Ecole des mousses dure dix mois. L’enseignement s’articule autour de formations militaire, maritime, sportive, de sécurité et de découverte du milieu maritime. 

Pour certains métiers et savoir-faire, la Marine nationale passe des partenariats avec l'Education nationale (bac pro, IUT, BTS) qui facilitent le recrutement dans certaines disciplines, tels les systèmes électroniques numériques, l’électrotechnique, l’énergie, les équipements communicants, la maintenance des équipements industriels, etc. Un système de compagnonnage facilite l’intégration des jeunes.

Dans la Marine, "l'escalier social" fonctionne bien!

La Marine accorde une grande importance à l'évolution interne de ses effectifs. "Nous offrons des passerelles qui permettent de monter en grades et en responsabilités, durant la carrière, grâce à de nombreuses possibilités de promotions", souligne le capitaine de corvette Olivier R.

Cet "escalier social" (expression préférée, dans la Marine, à celle "d'ascenseur social", parce qu'il faut tout de même "mouiller sa chemise", a expliqué au Parisien vice-amiral d'escadre Jean-Baptiste Dupuis, directeur du personnel militaire de la Marine) facilite l’évolution des recrues tant en grade que dans les secteurs d'activités. Ainsi, 64% des officiers sont d'anciens matelots, et 39% des officiers d'anciens officiers mariniers.

Des parcours professionnels très appréciés dans le secteur privé - Le responsable du recrutement ajoute : "On peut démarrer comme mousse, passer ensuite matelot de la flotte, évoluer sur un parcours de technicien sur un bateau, se spécialiser dans la mécanique navale, passer des qualifications dans cette voie, devenir officier marinier mécanicien, puis expert dans le domaine de l’énergie nucléaire sur les sous-marins ou sur le porte-avion "Charles-de-Gaulle". De retour dans le civil, l’ancien marin pourra facilement faire valoir ses compétences."

L'ascenseur social joue à plein dans la Marine : 64% des officiers sont d'anciens matelots, et 39% des officiers d'anciens officiers mariniers.

La paie des marins : des soldes parfois confortables

Pour les débutants, les soldes fixes s'échelonne, suivant le grade, de 730 euros à 1.850 euros environ. Les recrues sont nourris et logés. En outre, les marins touchent des primes.  

"Vous avez une solde de base et une solde embarquée, indique le capitaine de corvette Olivier R. Il existe ainsi une grande variabilité des soldes des marins. Et ce, sans discrimination entre les filles et les garçons.

"Embarqué sur un bateau pour une longue mission, l’officier marinier touchera par exemple une bonification, "qui participe aussi à l'attractivité du métier". En fonction de l'ancienneté, des opérations effectuées, de la zone dans laquelle le marin se trouve, son salaire peut augmenter considérablement d'un mois à l'autre.

Suivant son ancienneté, les opérations effectuées ou encore la zone d'intervention, la solde du marin peut augmenter considérablement d'un mois à l'autre.

Qui fait quoi dans la Marine nationale ?

Les cinquante métiers de la Marine sont répartis en grands secteurs qui recrutent, chacun, 

  • des mousses,
  • des quartiers maîtres de la flotte,
  • des officiers mariniers
  • et des officiers.

Environ 600 recrues sont fléchées vers les opérations navales et la navigation. Ce sont les métiers spécifiques de la mise en oeuvre des systèmes de combat de la marine. Parmi eux, figurent des techniciens en armement, des officiers qui font de la conduite d'opération par exemple.

Environ 600 jeunes rejoignent chaque année les métiers liés à la mécanique et l'électricité nucléaire des forces de surface et sous-marines.

Environ 350 jeunes vont se dédier aux professions de l'aéronautique navale : pilote, technicien (avionique, cellule, moteur) opérateur de maintenance, personnel navigant tactique,  contrôleur aérien, opérateur de manutention des aéronefs. 

DEVENIR MARIN DU CIEL AVEC LE BAC EN POCHE

Avec un bac, un jeune très motivé, suivra, après avoir réussi la sélection, le cursus EOPAN (Elève officier pilote de l'aéronautique navale) pour devenir pilote d'hélicoptère ou de rafale sur le Charles de Gaulle. Les pilotes de chasse de la marine, appelés marins du ciel, sont formés aux Etats-Unis. Chaque année, 35 nouveaux  EOPAN sont formés.

 

Environ 500 recrues vont renflouer les unités de terre, les fusiliers marins, les unités des combattants.  250 personnes, de niveau de la troisième  à bac+5 vont être habilités à travailler dans le domaine des systèmes d’informations et des télécommunications, dans l’informatique et dans la cyberdéfense, 

  • comme matelot des opérations systèmes d’informations,
  • technicien des systèmes d’informations,
  • cybercombattant
  • informaticien...

Enfin, les professions de soutien à la Marine voient arriver, chaque année, 700 nouveaux gestionnaires de ressources humaines, assistants administratifs, cuisiniers, etc. Des professionnels qui n'en sont pas moins intégrés à la vie des sous-marins ou des bateaux en opération….

"Quand vous gérez du personnel sur le porte-avion Charles-de-Gaulle, vous êtes AVEC le Charles-de-Gaulle en opération. Vous êtes parfaitement intégré à la dynamique, lié à la mission. Ce qui est très intéressant en termes humain, d'expérience et de reconnaissance professionnelle", affirme Olivier R., du service de recrutement.

Envie d'expérimenter la vie de marin avant de s'engager ? 

Il existe d'autres voies d'accès à la Marine nationale. Celle-ci recrute 400 volontaires par an. Les contrats de volontariat officier et matelot durent un an et sont rémunérés. "C'est une manière de préparer sa démarche et de vérifier si ça plaît", précise Olivier R. Il peut s'agir d'une année de césure ou d’une première expérience dans la Marine.

Tout en poursuivant ses études, le jeune peut devenir réserviste. Cette activité est rémunérée. Il faut avoir 17 ans au moins.

Pour découvrir l'univers marin, une autre solution intéressante est la préparation militaire échelonnée sur toute l'année scolaire.

Chaque année, la Marine propose aussi 2.200 stages découverte et des stages professionnels. les premiers s'adressent aux collégiens, les seconds à des étudiants de tous niveaux.

Rencontrez un marin "ouvreur de pistes"

Pas moins de 85% des personnes qui s'engagent dans la Marine ont rencontré un marin "ouvreur de pistes". Où se renseigner ? Dans les territoires maritimes, à Cherbourg, à Lorient, à Toulon, à Marseille et dans les centres de décision de Paris, sur le site web de la Marine. Mais pas uniquement. La Marine est plus accessible qu'elle ne le paraît. En effet, il existe 47 centres d'information et de recrutement des forces armées (Cirfa) en France et en outre-mer, où les jeunes peuvent rencontrer des conseillers d'orientation, anciens marins capables de les piloter.

"Je conseille aux jeunes d'aller discuter avec un marin, soit sur un forum de l'emploi, soit dans un Cirfa, directement", dit le capitaine de corvette Olivier R. Dans un Cirfa, le recruteur est à même de conseiller le jeune, de lui suggérer d'intégrer tout de suite la Marine ou, au contraire, de continuer sa formation professionnelle avant de s'engager. 

Ils sont marins, ils nous parlent de leurs trajectoires

Laureline, pilote d'hélicoptère dans la Marine - Aujourd'hui instructeur, elle a survolé les mers pendant quinze ans aux commandes d'un hélico. Pour exercer ce métier, cette passionnée d'aéronautique avait choisi la voie EOPAN, plus rapide, plutôt que l'Ecole navale. Une voie ouverte aux bacheliers.

Grégory, chef cuisinier.  Il s'est embarqué, à 18 ans, comme cuisinier dans les sous-marins nucléaires. Pourquoi, par goût de l'aventure, du risque, parce qu'il n'avait pas d'attaches. Au cours de sa carrière, il va découvrir la fierté de participer au rayonnement de la France par ses talents de cuisiner. Aujourd'hui, sa une polyvalence professionnelle (chef cuisinier, intendant, maître d'hôtel), lui permet de trouver un poste où il le souhaite, y compris à l'étranger. 

> Si c'est l'aspect militaire de la vie de marin qui vous attire, vous pouvez être intéressé par un emploi dans la gendarmerie ou la police : consultez les offres sur Emploipublic.fr

 

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