Le classement de sortie toujours d’actualité pour la nouvelle promotion de l’ENA
Quatre-vingt élèves (contre 81 en 2010) feront leur rentrée à l’Ecole nationale d’administration (ENA) en janvier 2011, selon un arrêté publié le 20 août 2010 fixant le nombre de places offertes aux trois concours d’entrée : 40 via la voie externe, 32 via la voie interne et 8 par le biais du troisième concours. Cette promotion aurait du être la première à connaître, en fin de scolarité, un mode de recrutement proche de celui du privé, par dossier d’aptitude et entretien d’embauche. La réforme de l’ENA, annoncée par le gouvernement en mars 2009, prévoit en effet la suppression du classement de sortie qui, depuis 1945, permet aux élèves de choisir leur premier poste en fonction de leur rang, les premiers optant en général pour les grands corps de l’Etat. Proposition de loi Mais le Conseil d’Etat a retoqué en décembre 2009 le projet de décret prévoyant la fin de ce classement, estimant nécessaire au préalable la modification, par voie législative, de l’article L133-6 du Code de justice administrative, qui fixe le mode de recrutement des auditeurs de 2e classe du Conseil d’Etat. Un amendement (article 146bis) a été intégré dans la proposition de loi relative à « la simplification et l’amélioration de la qualité du droit », adoptée par l’Assemblée nationale en décembre 2009 et depuis en attente au Sénat, qui compte quelques opposants farouches à la suppression du classement. « Compte-tenu du calendrier parlementaire et de la complexité de ce texte, il est peu probable qu’il soit adopté d’ici fin 2010 », note Christine Demesse, la secrétaire générale de l’Association des anciens élèves de l’ENA (AAENA), également hostile à la réforme. Système transitoire La suppression du classement de sortie ne devrait donc toujours pas concerner la promotion qui fera sa rentrée en 2011. Une partie de ses élèves devrait encore pouvoir choisir son affectation. Depuis 2008, certaines administrations, qui proposent des postes variés (ministère des Finances, de l’Education nationale, des Affaires sociales, etc.), ont anticipé la réforme et établissent « des classements des candidatures en fonction de leurs préférences à partir d’entretiens préalables », explique Françoise Camet, la directrice de la formation de l’Ecole. « Ce système hybride fonctionne assez mal, estime Christine Demesse, car les candidats retoqués se retrouvent parfois sur des postes qui ne les intéressent pas ». Une circulaire du ministère de la Fonction publique, annoncée pour septembre, doit encadrer cette transition, et notamment la définition des critères de sélection. Caroline Lefebvre Photo : Pascal Bastien/Fedephoto
