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Nouveaux rythmes scolaires et métiers de l’animation

Porte_Manteaux_Ecole_Phovoir ©  Phovoir

Depuis la rentrée 2014, les nouveaux rythmes scolaires se sont mis en place dans les écoles maternelles et élémentaires. Qu’ils soient cadre A, B ou C, les personnels de l’animation sont impactés à chaque niveau. Point sur les conséquences.

La  semaine de quatre jours mise en place en 2008 de pour les écoliers français était « néfaste » pour la santé comme pour la concentration des petits, estime le ministère de l’Education nationale qui a mis en oeuvre la réforme des rythmes scolaires instaurant la semaine de 5 matinées. Et ce, en deux temps : septembre 2013 et 2014.

Nouveau rythmes scolaires

Les grands principes de l’organisation du temps scolaires sont:

  • une semaine de 24 heures de classe (maximum) pour tous les élèves ;
  • 5 matinées d’enseignement ;
  • une pause méridienne dont la durée ne peut être inférieure à 1 h 30.

Selon le ministère :

« Du point de vue des enseignants eux-mêmes, la matinée supplémentaire offre un cadre de travail dans lequel les apprentissages sont mieux répartis sur la semaine, avec des journées plus équilibrées et des temps de travail organisés aux moments où la concentration des élèves est la plus grande. »

Cette réforme implique une autre organisation du temps périscolaire. Et là, ce sont les personnels des communes qui prennent le relais des enseignants pour s’occuper des enfants : agents spécialisés des écoles maternelles (Atsem), animateurs, éducateurs territoriaux d’activités physiques et sportives. Les mairies font aussi parfois appel à des enseignants volontaires.

> Consulter nos fiches métiers Atsem  et Animateur territorial

Les personnes recrutées dans le cadre d’un accueil de loisirs déclaré sont recrutées selon certaines règles. Au moins 50 % des personnels d’encadrement requis sont titulaires d’un brevet d’aptitude aux fonctions d’animateur (Bafa) ou d’un titre équivalent, indique le ministère.

Nouveaux rythmes scolaires : quid des agents ?

La mise en oeuvre de la réforme des rythmes scolaires a entraîné le recrutement de nombreux animateurs, et même si la « grosse vague » est passée, ces agents restent très recherchés par les communes.

> Lire aussi, L’animation une filière très dynamique dans la fonction publique territoriale

Cette réforme a bousculé le travail habituel de nombreux agents territoriaux des mondes de l’enseignement, de l’éducation populaire et de l’animation. Avec des remaniements inévitables des responsabilités, charges de travail et compétences des uns et des autres, sur fond de difficultés budgétaires des collectivités territoriales.

Le développement des missions des agents de catégorie B (cadres chargés de l’organisation et de la gestion de projets, encadrement d’adjoints d’animation) rendent plus complexes les tâches administratives et de formation des équipes (qui ont parfois quadruplé sur le temps périscolaire !) sur un territoire.

Le développement d’activités d’animation exige davantage de compétences techniques ou de qualifications particulières (diplômes professionnels de niveau IV à II) nécessitant la spécialisation des animateurs (histoire, sciences et techniques, musique, arts, etc.).

Animateur

La grogne des Atsem

Sur internet, des groupes de paroles se mettent en place, faisant état de la difficulté des personnels à gérer davantage de projets et d’activité depuis la réforme des rythmes scolaires. Les agents territoriaux spécialisés des écoles maternelles (Atsem) en première ligne. Valérie témoigne : « Je suis Atsem depuis 26 ans et je m’occupe de 19 enfants 3 heures le vendredi après-midi depuis deux ans. Mais, voilà, je suis à saturation, je souhaite arrêter. »  Des métiers épuisants, qui nécessitent parfois un changement de cap au bout de quelques années pour ne pas arriver à « saturation »comme Valérie.

Mal-être, manque de reconnaissance… Il existe même un Groupement revendicatif des Atsem de France. De même, Atsem de France est un groupe qui s’est formé sur Facebook. Il réclame un nouveau statut pour les Atsem, car « [Notre] métier est l’un des plus impactés par les réformes des rythmes scolaires. Un métier aux multiples fonctions (pédagogique, éducative, etc.). Nous souhaitons être reçus pour expliquer nos difficultés, la redéfinition exacte de nos missions, la reconnaissance de notre rôle pédagogique, faire réellement partie de l’équipe éducative et reconnus comme de vrais professionnels de la petite enfance, un droit au départ anticipé (catégorie active), que les maladies engendrées par notre métier (TMS) soient classées maladies professionnelles ».

D’autres Atsem, comme Yannick dont nous avons recueilli le témoignage, mettent en avant toutefois des aspects positifs : moins, voire pas, de tâches ménagères à l’école, au profit de responsabilités accrues dans le projet pédagogique.

>> Lire aussi notre fiche métier Agent territorial spécialisé des écoles maternelles (Atsem)

 

De plus en plus d’animateurs spécialisés

Cours_Informatique_collège_Phovoir« Les animateurs spécialisés sont de plus en plus nombreux à intervenir dans des ateliers prévus dans le cadre des rythmes scolaires« , selon un rapport diffusé par le Centre national de la fonction publique territoriale en mai 2016 qui dresse un bilan de ces nouveaux rythmes scolaires sur la filière animation.

Les missions de catégorie A (conception, expertise et coordination des politiques éducatives) se sont développées. Cette évolution a sans doute permis de « créer des postes et de renforcer la nécessité de la mobilité et de reconnaissance du référentiel professionnel d’ingénierie de l’animation dans un contexte de mutation sociale, de remise en cause de la légitimité d’intervention des animateurs dans le domaine socioéducatif mais aussi de partage des actions dans le cadre des politiques éducatives locales (projet éducatif de territoire, parcours d’éducation artistique et culturel) impulsées par la loi d’orientation et de programmation pour la refondation de l’école de la République« , toujours selon le CNFPT, qui ajoute : « Il est indéniable que l’école en France est prise dans un débat et des questions vives autour de son intégration dans l’environnement territorial et de ses liens avec les publics et les acteurs éducatifs (familles, animateurs, éducateurs, assistantes sociales, associations, etc.). Même si le cadre légal évoque le terme de « co-éducation », les pratiques sont très variées suivant les contextes (urbains, péri-urbains ou ruraux).Toutes les études sociologiques et la recherche universitaire signalent que des liens riches, resserrés, durables avec les acteurs éducatifs (dont les parents) contribuent à la meilleure réussite des enfants. Cette conception d’une action publique « co-éducative » reste à explorer, même si la tendance se développe au travers des projets éducatifs globaux. »

>> Lire aussi notre fiche métier Responsable de centre de loisirs

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C.Cathiard • 19/05/2016

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