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Devenir maître-chien : le Centre national de formation des unités cynotechniques de la police nationale (CNFUC)

chiens-police-flickrcc-a.g.stumpf ©  Flickr CC by G. Stumpf

Deux fonctionnaires de la police nationale : le maître et son chien. Inséparables, fonctionnant en symbiose et formés ensemble au Centre national de formation des unités cynotechniques, en Seine-et-Marne, ou dans l’un de ses douze centres répartis sur le territoire. Topo sur cette école et sur la formation de ces duos de choc.

C’est au Centre national de formation des unités cynotechniques de la police nationale, à Cannes-Ecluse (Seine-et-Marne), que sont formés (formations initiale et continue) les chiens de la police nationale et leurs maîtres. Créée en 1965, cette école n’a cessé d’adapter son enseignement aux nouvelles formes de la délinquance.

Repères

Dans le secteur public, le maître-chien exerce dans la police, la gendarmerie, l’armée, les douanes… Les postes sont accessibles à des professionnels déjà fonctionnaires, aguerris et après sélection.

Le secteur privé (sociétés de gardiennage, notamment) embauche des agents cynophiles de sécurité ayant un certificat professionnel (niveau CAP).

Témoignage

Un parcours à vous couper le souffle. Sandra d’Alexis est monitrice au Centre national de formation des unités cynotechniciennes de la police nationale. Elle a commencé par se former à la Défense/intervention, mais comme elle voulait travailler dans la recherche des stupéfiants, elle a embrayé sur le second module du CNFUC.  Avec son chien Trax. >> Lire son témoignage

 

Le CNFUC : lieu de formation des chiens de police et de leurs maîtres

Le CNFUC forme les chiens-policiers et les cynotechniciens de la police nationale qui travaillent dans les directions dotées d’unités canines (DSCP, DSPAP, DCPAF, DCCRS, DCPJ, DGSI, RAID, DRCPN).

Basée à Cannes-Ecluse, dans la région parisienne, depuis 1965, « l’école a évolué depuis sa création  », explique le major responsable d’unité locale de police, Jean-Marc Lenglet, adjoint au chef du CNFUC, responsable cynotechnique des formations et conseiller technique national. A l’origine, il n’y avait que des chiens de pistage et des chiens de patrouille, mais avec l’évolution de la délinquance, nous nous sommes adaptés. »

Drogues, armes et munitions, hooligans… - Entre 1975 et 1990, la formation des chiens de recherche de produits stupéfiants et des explosifs a été introduite. En 1999, un module « armes et munitions » a été créé, puis l’année suivante, le module sur « la recherche des restes humains ». En 2012, l’école intègre, pour lutter contre le hooliganisme, la recherche en pyrotechnie et en fumigènes.

Pour intégrer cette école, les policiers doivent se soumettre à un test de présélection. Ils seront affectés à la formation « Défense et intervention » ou « Recherche », en fonction des besoins de leur direction (voir les graphiques ci-dessous).

L’école forme environ 80 fonctionnaires par an, sans compter ceux formés dans l’un des 12 centres régionaux décentralisés sous tutelle du CNFUC (soit 130 policiers environ par an).

La dure sélection des futurs chiens de police

chiots-police-westmidlandspolice-flickrcc© Flickr CC by Westmidlands Police

Les bébés de Cassie, de la police du West Midlands, chez nos voisins anglais.

Chaque année, quelque 120 chiens sont dressés au Centre national de formation des unités cynotechniques de la police nationale (CNFUC). Après une sélection stricte, les chiens suivent une formation spécifique pour devenir des partenaires fiables et efficaces.

Les futurs chiens policiers sont présélectionnés chez les éleveurs, la SPA ou chez les particuliers. « Les moniteurs du CNFUC prennent contact avec eux, et se déplacent pour sélectionner les chiens », explique le major responsable d’unité locale de police, Jean-Marc Lenglet, adjoint au chef du CNFUC. Des tests, destinés à mettre en avant les qualités physiologiques, morphologiques et caractérielles de l’animal, sont effectués. « On teste leurs réactions aux coups de feu, par exemple, pour voir s’ils ont peur », précise le major.

Formation - Si le chien semble « bon pour le service », un contrat de rétrocession est signé avec le propriétaire, conditionnant le paiement lorsque l’aptitude définitive est évaluée positivement, après une période de 40 jours. L’animal est alors amené au CNFUC pour y suivre une première formation au cours de laquelle il doit s’habituer à ses nouvelles conditions de vie, car en tant que futur auxiliaire de policiers, il doit démontrer des aptitudes d’obéissance parfaite à l’homme. A l’issue de cette période, le chien présélectionné est soit déclaré apte à recevoir une formation, soit renvoyé chez son propriétaire.

Spécialisation - Tous les chiens définitivement affectés ont reçu, avant de se spécialiser et de se voir confier aux policiers-stagiaires, la même éducation basée sur des exercices de réceptivité aux ordres.

Suivant leurs aptitudes, ils sont ensuite dirigés sur une formation spécifique pour devenir soit des chiens de défense/intervention et développer des capacités de garde et de surveillance, soit des chiens de recherche et leurs qualités olfactives sont développées pour une spécialité : stupéfiants, armes et munitions, explosifs, pistage/avalanche, restes humains, compositions pyrotechniques (voir la vidéo ci-dessous).

Les chiens sont sélectionnés entre l’âge de 12 et 36 mois, à l’exception des chiens d’avalanche achetés une fois sevrés à l’âge de trois mois afin de favoriser leur acclimatation et leur familiarisation à l’environnement montagnard.

Le CNFUC recrute des animaux de races variées : bergers belges dits « malinois » (50 %), bergers allemands (30%), beaucerons, labradors, flat-coated ou encore springer spaniels. Les chiens travaillent jusqu’à l’âge de 8 ans avant de « partir en retraite » chez leur maître-chien.

Maître-chien : savoir faire équipe avec l’animal

cynotec2-police-nationale80 fonctionnaires de police sont formés tous les ans pour devenir cynotechniciens. Ce métier repose sur une bonne connaissance de l’animal et offre une évolution de carrière intéressante.

Pour intégrer le Centre national de formation des unités cynotechniques de la police nationale (CNFUC), il est impératif d’être policier titulaire, c’est-à-dire d’avoir le statut de fonctionnaire de l’Etat, et deux années d’expérience.

En fonction des besoins de sa direction, le policier a le choix entre deux types de formations : le module « Défense/intervention », qui consiste en l’interpellation d’un individu en sécurité (et non à blesser ou à tuer). Et le module « Recherche », qui repose sur la recherche de stupéfiants, explosifs, armes, munitions, et sur le pistage lors des avalanches. Après avoir passé des tests de sélection, les policiers intègrent la formation de conducteur cynotechnicien d’une durée de trois mois environ.

La formation du « binôme » - Le moniteur du CNFUC, chargé de la formation des animaux et des futurs conducteurs, a 48 heures pour décider de l’affectation du chien à son futur maître.

Le binôme va alors suivre une formation conjointe, avant de travailler ensemble une fois de retour sur le terrain. Les quinze premiers jours de la formation consistent en une prise en main du chien, une familiarisation, afin que le policier détecte les points forts et les points faibles de l’animal. Vient ensuite le temps du travail en équipe. Le chien a déjà été préformé par les moniteurs. Mais le conducteur est novice, et va donc être formé notamment en psychologie canine.

A l’issue de quatre semaines de formation, le binôme passe une première évaluation. « Lors de la seconde partie de la formation, des difficultés sont intégrées pour se rapprocher au maximum de la réalité du terrain », rapporte le major responsable d’unité locale de police, Jean-Marc Lenglet.

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Evolution de carrière - L’évaluation finale a lieu à l’issue des trois mois de formation. Elle  permet de déclarer le maître-chien apte à travailler au sein de son unité, avec son chien. Après une expérience de terrain, il peut prétendre à une évolution de carrière.

Dans la filière défense et intervention, il peut suivre une formation pour devenir homme-assistant (anciennement homme d’attaque), puis dresseur et enfin moniteur, en sachant que chaque fonction est un prérequis à la suivante.

Dans la filière « Recherche », il est possible de devenir dresseur, puis moniteur. « Les évolutions sont longues, explique Jean-Marc Lenglet, car les policiers ont besoin d’avoir du recul et une bonne connaissance des chiens avant de devenir moniteurs puisque ces derniers assurent le suivi des animaux, les soins, ainsi que les formations initiales et continues des chiens et des policiers. »

Gendarme maître de chien

Dans la gendarmerie nationale, un gendarme sous-officier depuis au moins deux ans peut, s’il le souhaite et s’il est sélectionné, devenir maître de chien. Il sera formé non pas au CNFUC, mais au CNICG, un autre centre situé dans le Lot, à Gramat.  >> Lire Devenir maître de chien dans la gendarmerie

Une vidéo

  >> Il cherche, flaire, piste, trouve, et attend sa « poupée ». Il attaque, immobilise, sans tuer ni blesser, et repart à l’assaut pour défendre sa maîtresse… Spectaculaire ! Cette vidéo de 2010 montre l’entraînement des chiens de police et de leurs maîtres (les conducteurs).

Pour aller plus loin

L.Martin • 04/02/2015

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