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Ingénieurs et techniciens dans la fonction publique territoriale

Métiers techniques ©  Domaine public

Ils forment le gros des troupes des collectivités territoriales et de leurs établissements publics locaux. Les agents de la filière technique figurent aussi dans le peloton de tête pour les créations de poste envisagées par les recruteurs locaux pour 2018.

Mise à jour : 27/10/2017 La filière technique, presque 49 % des effectifs de la fonction publique territorialeLes ingénieurs territoriauxTémoignage : « Un large panel de compétences »Les techniciens territoriauxTémoignage : « Assistance technique auprès de l’élu »L’effet vert

1 – La filière technique, presque 49 % des effectifs territoriaux

ingenieurLa filière technique est la plus représentée au sein de la fonction publique territoriale. Fin 2014,  elle représente fin 2014 environ 848 413 agents :  48,8 % des fonctionnaires territoriaux((source : Rapport sur l’Etat de la fonction publique, édition 2016)).

Les agents contractuels de la filière technique représentent 15,6 % des agents. Un pourcentage très faible par rapport au poids des contractuels dans les autres filières : seules les filières Sécurité (3,2%) et Incendie-secours (0,9%) affichent des taux plus faibles.

Une place prépondérante qui s’explique par le poids des services techniques communaux et des services techniques départementaux qui ont absorbé les agents de l’équipement qui relevaient auparavant de l’Etat.

Fin 2015, les organismes communaux emploient environ 516 6000 agents de la filière technique, les organismes intercommunaux 141 140, les organismes départementaux environ 119 190, les organismes régionaux 63 120 et les autres (OPHLM, caisses de crédit municipal, régies, EPA locaux) 1 545 agents(1).

Les cadres d’emplois de la filière technique les plus recruteurs sont, dans l’ordre, les adjoints techniques territoriaux, puis les techniciens. Les ingénieurs sont également très recherchés par les recruteurs locaux, avec parfois des difficultés à dénicher les profils adéquats.

agent-techniqueLes agents de la filière technique travaillent dans des secteurs d’activités très différentes : aménagement urbain, de voirie, de transports ; d’équipements publics. Certains sont chargés  de la satisfaction des besoins internes  des collectivités : maintenance, entretien, restauration.

Tendance du recrutement territorial : la filière technique, en tête du peloton pour les créations d’emploi 2018

D’après le baromètre « Horhizon 2017″, enquête professionnelle sur les tendances de l’emploi territorial et des politiques RH des collectivités et des intercommunalités(2), les services techniques représentent 50 % des créations de postes annoncées par les recruteurs pour 2018, et le secteurs Aménagement et développement 51 % !

Comment expliquer cette tendance ? Essentiellement parce que la part des agents de la filière technique est majoritaire dans les collectivités. C’est donc mécaniquement dans cette filière qu’il y a le plus d’agents à remplacer, parce qu’ils sont malade, absents pour maladie ou autres raisons.

2 – Les ingénieurs territoriaux

conception-technique-ingenierieSelon l’article 2 du décret du 9 février 1990 modifié, « les ingénieurs territoriaux exercent leurs fonctions dans tous les domaines à caractère scientifique et technique, entrant dans les compétences d’une collectivité territoriale ou d’un établissement public territorial, notamment dans les domaines de l’ingénierie, de la gestion technique et de l’architecture, des infrastructures et des réseaux, de la prévention et de la gestion des risques, de l’urbanisme, de l’aménagement et des paysages, de l’informatique et des systèmes d’information ».

>> Voir les offres d’emploi ingénieur territorial

Le statut particulier des ingénieurs territoriaux a été récemment remodelé par le décret n°2016-201. la création d’un nouveau cadre d’emplois d’ingénieurs territoriaux. Le cadre d’emplois est désormais composé de 3 grades, les fonctions déterminées par seuils démographiques. En outre, ces personnels bénéficient d’une carrière revalorisée.

Ce cadre d’emplois relevant de la catégorie A est donc structuré en trois grades :

  • ingénieur,
  • ingénieur principal,
  • ingénieur (hors classe).

Les fonctionnaires ayant le grade d’ingénieur peuvent exercer leurs fonctions dans les régions, les départements, les communes, les offices publics d’habitations à loyer modéré (OPHLM), les laboratoires chimiques ou d’analyse des eaux et tout autre établissement public relevant de ces collectivités. En outre, ils peuvent occuper l’emploi de directeur des services techniques des villes de 10 000 à 40 000 habitants.

Les ingénieurs principaux exercent leurs fonctions dans les régions, les départements, les communes de plus de 2 000 habitants et les offices publics de l’habitat de plus de 3 000 logements. Ils exercent également leurs fonctions dans les établissements publics locaux assimilés à une commune de plus de 2 000 habitants.

Les ingénieurs hors classe exercent leurs fonctions dans les régions, les départements, les communes de plus de 10 000 habitants et les offices publics de l’habitat de plus de 5 000 logements. Ils exercent également leurs fonctions dans les établissements publics locaux assimilés à une commune de plus de 10 000 habitants.
Les ingénieurs hors classe exercent des fonctions correspondant à un niveau élevé de responsabilité. Ils sont placés à la tête d’un service technique, d’un laboratoire d’analyses ou d’un groupe de services techniques dont ils coordonnent l’activité et assurent le contrôle.

Les concours de recrutement des ingénieurs sont ouverts dans ces 5 spécialités :

  • Ingénierie, gestion technique et architecture ;
  • Infrastructures et réseaux ;
  • Prévention et gestion des risques ;
  • Urbanisme, aménagement et paysages ;
  • Informatique et systèmes d’information.

>> Voir notre fiche concours ingénieur territorial, concours externe

>> Voire notre fiche concours ingénieur territorial, concours interne

>> Voir, aussi, les examens professionnels de promotion interne de techniciens territoriaux

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3 – Témoignage : « Un large panel de compétences » 

Jean-Pierre Auger, président de l’Association des ingénieurs territoriaux de France (AITF), directeur général des services à Reims Métropole* :

« On trouve des ingénieurs dans tous les secteurs de la FPT. Ils peuvent être sur des postes très techniques comme en position de directeur général d’une collectivité. Etre ingénieur ne consiste n’est pas se limiter à une spécialité ou à une expertise, c’est au contraire un métier très ouvert. D’autant que, derrière le statut d’ingénieur territorial, il y a une multitude de métiers y compris de professionnels, qui n’ont pas une formation d’ingénieur comme les architectes, les urbanistes, les informaticiens…

Ces dernières années, se sont développées de nouvelles manières de travailler : en mode de projet, avec des mutualisations de services entre différentes structures, entre une communauté d’agglomération et une commune par exemple… Si le cœur du métier reste le même, les missions évoluent.

Etre ingénieur dans la FPT permet, par ailleurs, de développer un panel de compétences plus large que dans le privé : on y assure toutes les missions de maîtrise d’œuvre et de maîtrise d’ouvrage. Un jeune ingénieur peut avoir des responsabilités de management et de gestion qu’il aurait difficilement dans le privé, ou alors après une certaine expérience.

Ces dernières années, le métier a été marqué par un contexte professionnel où les contraintes sont de plus en plus fortes, notamment celles liées à l’accessibilité, au Grenelle de l’environnement, ou à la montée en puissance de l’intercommunalité et avec elle la mutualisation croissante entre la ville centre et l’agglomération.

Aujourd’hui, chaque projet nécessite des études beaucoup plus complexes et détaillées que par le passé, tandis que l’approche est complètement différente que ce soit au niveau de la conception ou de l’accompagnement du projet. Un ingénieur devra sans cesse apprendre, s’adapter, se remettre en cause. Il devra aussi être ouvert sur les autres, sur les normes et sur les avancées technologiques. Ce qui signifie aussi que le métier d’ingénieur dans la FPT a de beaux jours devant lui ! »

Focus : Une enquête sur les ingénieurs territoriaux

L’INSET de Montpellier a réalisé en partenariat avec l’AITF une étude métier sur les ingénieurs territoriaux. La première phase, concernait le changement des conditions d’exercice du métier, tandis que la seconde, actuellement en voie de finalisation, s’intéresse aux compétences demandées aux ingénieurs.

« Parmi les grandes évolutions, la réduction des moyens dans les collectivités et la crise qui s’est fait très nettement ressentir impliquent pour les ingénieurs d’avoir plus de notions de contrôle de gestion, financières, témoigne Rémi Gaillard, responsable du service des pôles de compétences de l’INSET Montpellier. Il faut savoir calculer les coûts des prestations avant de mandater une opération.

Les ingénieurs doivent développer des aptitudes en management, en organisation… Le métier nécessite aussi plus de savoir-faire transversaux (marchés publics, droit, finances…) et demande des qualités de chefs de projet très pointues : les ingénieurs sont de moins en moins sur la technique et plus sur la coordination des acteurs. Il y a également la prise en compte croissante du développement durable, de la biodiversité ».

Pour en savoir plus : interview de Jean-Pierre Auger réalisée lors de la 4e édition des Assises nationales de l’ingénierie territoriale qui s’est tenue du 30 mai au 1er juin 2012 au Grand Palais de Lille.   

* Depuis cette interview, Patrick Berger ( ville de Montpellier ) a été élu président de l’AITF lors du conseil d’administration du 13 décembre 2014.

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4 – Les techniciens territoriaux

Filière technique, adjoints techniques, agents de maîtrise territoriauxLes techniciens territoriaux exercent notamment leurs fonctions dans les domaines de la gestion technique, de l’ingénierie et des bâtiments, de l’infrastructure et des réseaux, de la prévention et gestion des risques, de l’hygiène, de l’aménagement urbain et paysager, de l’informatique et des systèmes d’information, des techniques de la communication et des activités artistiques ou de tout autre domaine à caractère technique et scientifique entrant dans les compétences d’une collectivité territoriale ou d’un établissement public en relevant.

>> Voir les offres d’emplois destinées aux techniciens

Les techniciens doivent être polyvalents en secteur rural, pour prendre en charge tous les types de dossiers techniques, leur profil étant plus spécialisé dans les grandes structures. Quelle que soit leur taille, les collectivités connaissent aujourd’hui des difficultés à trouver ces profils, notamment dans le bâtiment et la voirie.     

Du point de vue du statut, le cadre d’emplois des techniciens territoriaux relève de la catégorie B de la fonction publique territoriale et comprend 3 grades :

  1. technicien,
  2. technicien principal de 2e classe
  3. et technicien principal de 1re classe.

Côté recrutement les techniciens territoriaux sont recrutés sur concours :

> Un concours destiné aux diplômés, les titulaires d’un bac technologique ou dprofessionnel, ou d’un diplôme homologué au même niveau sanctionnant une formation technicoprofessionnelle.

>> Voir notre fiche concours Technicien territorial, externe

> Un concours destiné aux agents publiques (de toutes les fonctions publique et des OI) ayant une ancienneté de 4 ans de services au 1er janvier de l’année du concours

>> Voir notre fiche concours Technicien territorial, interne

> Le Troisième concours » pour les candidats ayant exercé pendant au moins 4 ans une ou plusieurs activités professionnelles privées.

5 – Témoignage : « Assistance technique auprès de l’élu » 

Dominique Michel, président de l’Association des techniciens territoriaux de France (ATTF), service circulation transports à Toulouse

« L’une des particularités de l’exercice du métier dans la fonction publique territoriale est que l’on travaille pour l’usager, dans la proximité. Nous avons beaucoup de questions et de sollicitations sur des choses très concrètes : mise en place d’un nouvel arrêt de bus, d’un ralentisseur, etc. Le technicien va étudier le projet et établir les devis, l’élu décide ensuite. Une des évolutions du métier a trait à la concertation : de plus en plus, le technicien est amené à intervenir en assistance technique auprès de l’élu, lors des réunions de concertation, afin de présenter le volet technique.
L’autre intérêt dans la FPT tient à la diversité du travail qui n’existe pas dans le privé : chaque chantier est particulier, les relations avec les élus et les usagers toujours différentes. A titre d’exemple, à Toulouse, je travaille aussi bien sur le programme «Allons-y à vélo», que sur la semaine de la mobilité, le pédibus, le plan de déplacement entreprises, l’auto-partage, le circuit de cross…

On voit également de nouvelles compétences qui se développent avec l’apparition de nouveaux services (information des usagers par SMS), la réglementation (Plan climat), etc.

Cependant, le contexte depuis deux ou trois ans rend l’exercice du métier de technicien plus difficile que par le passé. Tout d’abord, la situation économique n’est pas neutre : les collectivités rencontrent de plus en plus de difficultés dans le cadre des emprunts et on craint une baisse de l’activité à cause de cela. La pression au quotidien de la part des élus et des usagers est aussi beaucoup plus marquée.

Par ailleurs, depuis quelques temps, nous recevons de plus en plus d’appels de collègues qui ont du mal à trouver des techniciens, plus particulièrement sur certaines spécialités comme la voirie. Le problème, c’est que la grille indiciaire n’est pas du tout attractive, et les jeunes qui sortent des écoles préfèrent s’orienter vers le privé ».

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6 – L’effet vert

Métiers de l'environnementS’il fallait retenir une grande tendance affectant durablement les métiers d’ingénieurs et de techniciens, en particulier dans la fonction publique territoriale, ce serait celle-ci : la prise en compte accrue des enjeux environnementaux, au niveau politique comme au niveau législatif.

Le Conseil économique, social et environnemental (Cese) a indiqué que la biodiversité représente une formidable manne d’emplois potentiel. Nombre de ces emplois relèves de la FPT, les régions notamment.Les services des espaces verts (56000 territoriaux) connaissent « d’importantes mutations », selon la Gazettedescommunes.com.  La formation horticole traditionnelle n’est plus suffisante. Il faut aujourd’hui savoir tenir compte de l’environnement global, savoir ce qu’est la permaculture, les déchets verts…

Dans la filière de l’énergie et du Climat, le CNFPT recense 2 300 territoriaux. Pour ces agents, la montée en compétences des agents inclut des connaissances nouvelles en matière d’animation et de concertations avec les habitants et les entreprises, et des spécialisations pointues par exemple dans le domaine de la prévention des risques, de la préservation des espaces naturels, avec des métiers nouveaux comme gestionnaire des espaces natures, ou chargés d’animation environnement.

Cette prise en compte accrue du développement durable entraîne la création de nouveaux métiers et emplois, en particulier dans les domaines de l’énergie (87 %), du chauffage et de la climatisation (84 %), des transports (63 %), de l’eau et de l’assainissement (56%).

Elle favorise également l’insertion sociale car pour certains types de marchés « verts », les collectivités recourent de plus en plus à la clause d’insertion qui permet de réserver un volume d’heures de travail à un public en réinsertion professionnelle. C’est le cas notamment dans les espaces verts (82 %), le génie civil (68 %) et le secteur propreté et déchets (53 %).

Par ailleurs, la mise en œuvre du Grenelle de l’environnement a conduit les collectivités à renforcer leurs équipes dans le secteur du bâtiment, pour améliorer les écobâtiments basse consommation.

Notes

Note 01 – Source : Les collectivités locales en chiffres, 2017 - Retour au texte

Note 02 – Ce baromètre annuel des tendances de l'emploi territorial est publié par l'Association des maires de France, l'Assemblée des départements de France, Régions de France, le Centre national de la fonction publique territoriale et la Fédération nationale de centres de gestion - Retour au texte

E.Chaudieu • 23/06/2009

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