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Ingénieurs et techniciens dans la fonction publique territoriale

Mise à jour : 18/09/2015 • La filière technique, 47 % des effectifs • Les ingénieurs territoriauxTémoignage : « Un large panel de compétences »Les techniciens territoriauxTémoignage : « Assistance technique auprès de l’élu »L’effet vert

1 – La filière technique, 47 % des effectifs

La filière technique est la plus représentée au sein de la fonction publique territoriale. Fin 2008, d’après l’enquête INSEE sur les effectifs des collectivités territoriales, celle-ci représentait en effet 47 % des agents des collectivités territoriales (voir notre article sur emploipublic.fr), soit deux points de plus que deux ans auparavant.

Une place prépondérante qui s’explique par le poids des services techniques communaux mais aussi, de plus en plus, des services techniques départementaux qui ont absorbé les agents de l’équipement qui relevaient auparavant de l’Etat. Les cadres d’emplois de la filière technique qui augmentent le plus sont les agents TOS des établissements publics locaux d’enseignement, les ingénieurs et les techniciens supérieurs et les contrôleurs des travaux.

D’après les “Tendances de l’emploi 2011” publiées par le CNFPT, le domaine des interventions techniques est celui qui regroupe le plus grand nombre des projets de recrutements (28 % de l’ensemble des recrutements envisagés), devant celui des prestations sociales et culturelles (23 %). Les métiers prioritairement recherchés concernent le secteur de la propreté et de la gestion des déchets, l’entretien des bâtiments, la voirie ainsi que l’entretien des espaces de nature.     

2 – Les ingénieurs territoriaux

Selon l’article 2 du décret du 9 février 1990 modifié, « les ingénieurs territoriaux exercent leurs fonctions dans tous les domaines à caractère scientifique et technique, entrant dans les compétences d’une collectivité territoriale ou d’un établissement public territorial, notamment dans les domaines de l’ingénierie, de la gestion technique et de l’architecture, des infrastructures et des réseaux, de la prévention et de la gestion des risques, de l’urbanisme, de l’aménagement et des paysages, de l’informatique et des systèmes d’information ».

En septembre 2015, un projet de décret procède à la création d’un nouveau cadre d’emplois d’ingénieurs territoriaux composé de trois grades (ingénieur, ingénieur principal et ingénieur hors classe) et fixe le seuil démographique d’exercice des fonctions selon le grade occupé. Il fixe également les conditions de reclassement, dans ce nouveau cadre d’emplois, des ingénieurs territoriaux et ingénieurs territoriaux principaux précédemment régis par le décret n°90-126 du 9 février 1990. En outre, ces personnels bénéficient d’une carrière revalorisée.

Ce cadre d’emplois relevant de la catégorie A est donc structuré en trois grades :

  • ingénieur,
  • ingénieur principal,
  • ingénieur en chef(hors classe).

Les fonctionnaires ayant le grade d’ingénieur peuvent exercer leurs fonctions dans les régions, les départements, les communes, les offices publics d’habitations à loyer modéré (OPHLM), les laboratoires chimiques ou d’analyse des eaux et tout autre établissement public relevant de ces collectivités. En outre, ils peuvent occuper l’emploi de directeur des services techniques des villes de 20 000 à 40 000 habitants.

Les ingénieurs en chef (hors classe) exercent leurs fonctions dans les régions, les départements, les communes de plus de 80 000 habitants, les OPHLM de plus de 10 000 logements et les établissements publics locaux assimilés à une commune de plus de 80 000 habitants. Ils peuvent également occuper l’emploi de directeur général des services techniques des villes ou des établissements publics de coopération intercommunale à fiscalité propre de plus de 80 000 habitants.

Un second projet de décret (septembre 2015) procède à la création du nouveau cadre d’emplois des ingénieurs en chef territoriaux composé de trois grades (ingénieur en chef, ingénieur en chef hors classe, ingénieur en chef général) dont le troisième constitue un « grade à accès fonctionnel ». La scission du cadre d’emplois actuel des ingénieurs territoriaux devrait conduire à une meilleure identification et reconnaissance des ingénieurs en chef qui occupent d’ores et déjà au sein de la fonction publique territoriale des emplois à fortes responsabilités. A l’instar des administrateurs territoriaux, le troisième grade du cadre d’emplois des ingénieurs en chef territoriaux culminera à la HED. Ce grade à accès fonctionnel sera composé de cinq échelons et d’une classe exceptionnelle. Pour garantir un niveau de compétences adapté aux membres de ce nouveau cadre d’emplois, un examen professionnel de promotion interne contingenté au niveau national est mis en place (passage du cadre d’emplois des ingénieurs territoriaux au cadre d’emplois des ingénieurs en chef territoriaux).

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3 – Témoignage : « Un large panel de compétences » 

Jean-Pierre Auger, président de l’Association des ingénieurs territoriaux de France (AITF), directeur général des services à Reims Métropole* :

« On trouve des ingénieurs dans tous les secteurs de la FPT. Ils peuvent être sur des postes très techniques comme en position de directeur général d’une collectivité. Etre ingénieur ne consiste n’est pas se limiter à une spécialité ou à une expertise, c’est au contraire un métier très ouvert. D’autant que, derrière le statut d’ingénieur territorial, il y a une multitude de métiers y compris de professionnels, qui n’ont pas une formation d’ingénieur comme les architectes, les urbanistes, les informaticiens…

Ces dernières années, se sont développées de nouvelles manières de travailler : en mode de projet, avec des mutualisations de services entre différentes structures, entre une communauté d’agglomération et une commune par exemple… Si le cœur du métier reste le même, les missions évoluent.

Etre ingénieur dans la FPT permet, par ailleurs, de développer un panel de compétences plus large que dans le privé : on y assure toutes les missions de maîtrise d’œuvre et de maîtrise d’ouvrage. Un jeune ingénieur peut avoir des responsabilités de management et de gestion qu’il aurait difficilement dans le privé, ou alors après une certaine expérience.

Ces dernières années, le métier a été marqué par un contexte professionnel où les contraintes sont de plus en plus fortes, notamment celles liées à l’accessibilité, au Grenelle de l’environnement, ou à la montée en puissance de l’intercommunalité et avec elle la mutualisation croissante entre la ville centre et l’agglomération.

Aujourd’hui, chaque projet nécessite des études beaucoup plus complexes et détaillées que par le passé, tandis que l’approche est complètement différente que ce soit au niveau de la conception ou de l’accompagnement du projet. Un ingénieur devra sans cesse apprendre, s’adapter, se remettre en cause. Il devra aussi être ouvert sur les autres, sur les normes et sur les avancées technologiques. Ce qui signifie aussi que le métier d’ingénieur dans la FPT a de beaux jours devant lui ! »

Focus : Une enquête sur les ingénieurs territoriaux

L’INSET de Montpellier a réalisé en partenariat avec l’AITF une étude métier sur les ingénieurs territoriaux. La première phase, concernait le changement des conditions d’exercice du métier, tandis que la seconde, actuellement en voie de finalisation, s’intéresse aux compétences demandées aux ingénieurs.

« Parmi les grandes évolutions, la réduction des moyens dans les collectivités et la crise qui s’est fait très nettement ressentir impliquent pour les ingénieurs d’avoir plus de notions de contrôle de gestion, financières, témoigne Rémi Gaillard, responsable du service des pôles de compétences de l’INSET Montpellier. Il faut savoir calculer les coûts des prestations avant de mandater une opération.

Les ingénieurs doivent développer des aptitudes en management, en organisation… Le métier nécessite aussi plus de savoir-faire transversaux (marchés publics, droit, finances…) et demande des qualités de chefs de projet très pointues : les ingénieurs sont de moins en moins sur la technique et plus sur la coordination des acteurs. Il y a également la prise en compte croissante du développement durable, de la biodiversité ».

Pour en savoir plus : interview de Jean-Pierre Auger réalisée lors de la 4e édition des Assises nationales de l’ingénierie territoriale qui s’est tenue du 30 mai au 1er juin 2012 au Grand Palais de Lille.   

* Depuis cette interview, Patrick Berger ( ville de Montpellier ) a été élu président de l’AITF lors du conseil d’administration du 13 décembre 2014.

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4 – Les techniciens territoriaux

Depuis le 1er décembre 2010, le cadre d’emplois des techniciens territoriaux est régi par un nouveau statut défini par le décret du 9 novembre 2010.

Ce nouveau cadre d’emplois fusionne les anciens cadres d’emplois des techniciens supérieurs et des contrôleurs territoriaux de travaux, abrogeant ce faisant les décrets qui les régissaient (décret du 10 janvier 1995 pour les techniciens supérieurs territoriaux, et décret du 25 août 1995 pour les contrôleurs territoriaux de travaux).

Ce nouveau cadre d’emplois de catégorie B comporte trois grades :

  • technicien (ancien grade de contrôleur de travaux)
  • technicien principal de 2e classe (anciens grades de technicien supérieur et de contrôleur de travaux principal)
  • technicien principal de 1re classe (anciens grades de technicien supérieur chef, de technicien supérieur principal et de contrôleur de travaux en chef)

Les techniciens territoriaux exercent notamment leurs fonctions dans les domaines de la gestion technique, de l’ingénierie et des bâtiments, de l’infrastructure et des réseaux, de la prévention et gestion des risques, de l’hygiène, de l’aménagement urbain et paysager, de l’informatique et des systèmes d’information, des techniques de la communication et des activités artistiques ou de tout autre domaine à caractère technique et scientifique entrant dans les compétences d’une collectivité territoriale ou d’un établissement public en relevant.

Les techniciens doivent être polyvalents en secteur rural, pour prendre en charge tous les types de dossiers techniques, leur profil étant plus spécialisé dans les grandes structures. Quelle que soit leur taille, les collectivités connaissent aujourd’hui des difficultés à trouver ces profils, notamment dans le bâtiment et la voirie.     

5 – Témoignage : « Assistance technique auprès de l’élu » 

Dominique Michel, président de l’Association des techniciens territoriaux de France (ATTF), service circulation transports à Toulouse

« L’une des particularités de l’exercice du métier dans la fonction publique territoriale est que l’on travaille pour l’usager, dans la proximité. Nous avons beaucoup de questions et de sollicitations sur des choses très concrètes : mise en place d’un nouvel arrêt de bus, d’un ralentisseur, etc. Le technicien va étudier le projet et établir les devis, l’élu décide ensuite. Une des évolutions du métier a trait à la concertation : de plus en plus, le technicien est amené à intervenir en assistance technique auprès de l’élu, lors des réunions de concertation, afin de présenter le volet technique.
L’autre intérêt dans la FPT tient à la diversité du travail qui n’existe pas dans le privé : chaque chantier est particulier, les relations avec les élus et les usagers toujours différentes. A titre d’exemple, à Toulouse, je travaille aussi bien sur le programme «Allons-y à vélo», que sur la semaine de la mobilité, le pédibus, le plan de déplacement entreprises, l’auto-partage, le circuit de cross…

On voit également de nouvelles compétences qui se développent avec l’apparition de nouveaux services (information des usagers par sms), la réglementation (Plan climat), etc.

Cependant, le contexte depuis deux ou trois ans rend l’exercice du métier de technicien plus difficile que par le passé. Tout d’abord, la situation économique n’est pas neutre : les collectivités rencontrent de plus en plus de difficultés dans le cadre des emprunts et on craint une baisse de l’activité à cause de cela. La pression au quotidien de la part des élus et des usagers est aussi beaucoup plus marquée.

Par ailleurs, depuis quelques temps, nous recevons de plus en plus d’appels de collègues qui ont du mal à trouver des techniciens, plus particulièrement sur certaines spécialités comme la voirie. Le problème, c’est que la grille indiciaire n’est pas du tout attractive, et les jeunes qui sortent des écoles préfèrent s’orienter vers le privé ».

L’ATTF organise son congrès national les 3 et 4 octobre 2012 à Nantes.

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6 – L’effet vert

S’il fallait retenir une grande tendance affectant durablement les métiers d’ingénieurs et de techniciens, en particulier dans la fonction publique territoriale, ce serait celle-ci : la prise en compte accrue des enjeux environnementaux, au niveau politique comme au niveau législatif. Une enquête, réalisée par l’hebdomadaire La Gazette des Communes en partenariat avec l’Association des ingénieurs territoriaux de France et l’Association des techniciens territoriaux de France et publiée dans la Gazette du 17/11/2008, a montré que 55 % des collectivités ont mis en place un Agenda 21 ou un programme de Haute qualité environnementale, et elles sont près de 15 % à avoir un projet en cours. Dans les collectivités actives en matière de développement durable, les services qui ont été les premiers à l’intégrer sont le bâtiment (23,23 %), les espaces verts (17,65 %), l’eau et l’assainissement (15,28 %) et l’énergie (14,96 %).

Cette prise en compte accrue du développement durable entraîne la création de nouveaux métiers et emplois, en particulier dans les domaines de l’énergie (87 %), du chauffage et de la climatisation (84 %), des transports (63 %), de l’eau et de l’assainissement (56 %). Elle favorise également l’insertion sociale car pour certains types de marchés « verts », les collectivités recourent de plus en plus à la clause d’insertion qui permet de réserver un volume d’heures de travail à un public en réinsertion professionnelle. C’est le cas notamment dans les espaces verts (82 %), le génie civil (68 %) et le secteur propreté et déchets (53 %).

Par ailleurs, la mise en œuvre du Grenelle de l’environnement va conduire les collectivités à renforcer leurs équipes dans le secteur du bâtiment, pour améliorer les écobâtiments basse consommation. « L’un des grands chantiers à venir concerne l’ambiance des bâtiments, illustre Patrice Coindet, président de l’Association des ingénieurs des travaux publics de l’Etat et directeur de l’aménagement urbain à Ville de Grenoble. La réhabilitation des bâtiments construits pendant les 30 glorieuses, de façon à diminuer leur production de CO2 et à rentrer dans les exigences européennes, représente un enjeu gigantesque. Nous allons avoir besoin de compétences pour mener ces chantiers de mise aux normes en termes de capacité thermique, que ce soit au niveau de l’Etat ou des collectivités territoriales. »

E.Chaudieu • 23/06/2009

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