Infirmières : la réforme des études doit être évaluée
La réforme des études infirmières est-elle une usine à gaz ? Une conférence, organisée le 20 mai 2010 par la Fédération hospitalière de France (FHF) dans le cadre du Salon Hôpital Expo, a été l’occasion d’un point d’étape sur l’entrée des études infirmières dans le dispositif LMD (Licence-Master-Doctorat) et le rapprochement entre instituts de formation en soins infirmiers (Ifsi) et universités via les groupements de coopération sanitaire (GCS).
“L’Ile-de-France compte soixante-deux Ifsi et sept universités, et le groupe de travail constitué au sein du conseil régional a vite eu des interrogations sur le côté “usine à gaz” de la réforme “, a fait remarquer Jean-Marie Barbot, membre du bureau de la FHF Ile-de-France, chargé du suivi de cette réforme. Et nous sommes inquiets sur l’impact financier : un enseignant-chercheur à l’université coûte beaucoup plus cher qu’un enseignant d’Ifsi. Par ailleurs, notre patrimoine immobilier est vieillissant : qui paiera les investissements nécessaires pour rénover les instituts ?”.
Pour Monique Iborra, vice-présidente du conseil régional Midi-Pyrénées, une seule solution, le “payeur” autrement dit la région doit être “le pilote de l’avion” : “l’Association des régions de France avait demandé un peu plus de temps pour préparer la mise en œuvre de la réforme. Cela n’a pas été le cas. En attendant la parution d’une circulaire qui simplifie cette usine à gaz, qu’on nous laisse un peu de marge de manœuvre !”.
Emmanuelle Quillet, de la Direction générale de l’organisation des soins (DGOS, ministère de la Santé), n’a pas nié des difficultés réelles mais “peu évitables dans une réforme de cette ampleur”, avant d’annoncer que cette réforme sera évaluée dans trois domaines : la pédagogie, l’organisation, les moyens.
Et pour François Couraud, conseiller du directeur général de l’enseignement supérieur, “le chantier n’en est qu’au début“. La France doit rattraper son retard en matière de recherche dans le champ des sciences paramédicales, dit-il en substance, saluant une première initiative : la création conjointe, par l’université Aix-Marseille II et le département des sciences infirmières et paramédicales de l’Ecole des hautes études en santé publique (EHESP), d’un master en sciences cliniques infirmières avec M1 commun et M2 décliné dans trois champs d’activité clinique : gérontologie, cancérologie et coordination de parcours complexes de soins. Une première dans le paysage universitaire français.
Catherine Maisonneuve





